Gaston Bastit

Résumé

Gaston Bastit Poésies d'un inconnu (1885)

Et quelque douloureuse Que soit la mort, Raoul, je m'en vais d'ici-bas
Sans plainte, heureuse encor de mourir dans tes bras! —- O chère et douce femme ! ô noble créature !. Tu n'as donc pas de fiel dans ton âme si pure? Comment donc se fait-il, ange de pureté, Que, vivant avec moi, sans cesse à mon côté, La boue et la noirceur de ma nature infâme N'aient pas éclaboussé la blancheur de ton âme?
— C'est Dieu qui l'a voulu, répond-elle tout bas, Le Dieu bon et clément...
— Ah! ne me parle pas De ton Dieu, de ce Dieu cruel, inexorable, Qui te prend, toi, si pure! alors qu'un misérable...
Source : Gallica

Gaston Bastit Poésies d'un inconnu (1885)

Au-dessus de la terre, au-dessus des nuages, Plus haut, plus haut encor, toujours plus près des cieux, Comme l'aigle volant vers les célestes plages, Le poète s'élève et plane radieux! Il lui faut les hauteurs, et l'air pur, et l'espace ! Lorsque son âme enfin respire en liberté, Il abaisse les yeux, et son regard embrasse La Nature et l'Humanité.
Ce poète, c'est toi, Lamartine! ton âme S'élance dans les airs sur des ailes de flamme ; Et, dans ces régions du vaste firmament Où le rêve s'envole et plane solitaire, Ton génie inspiré joint le ciel et la terre Dans son immense embrassement !
Source : Gallica

Gaston Bastit Poésies d'un inconnu (1885)

Un homme a tous les dons, tous les biens qu'on envie; Il est jeune, il est riche, il est fier, il est beau; L'intelligence enfin, pour couronner sa vie, Sur son front de vingt ans allume son flambeau.
Poète, sur la scène il fait vibrer sa lyre; Et, pour lui, le succès prodigue ses faveurs, Les hommes leurs bravos, les femmes leur sourire; L'éclair du feu sacré luit dans ses yeux rêveurs.
Le fardeau de la vie est doux à son épaule, Et jamais son regard ne s'est voilé de pleurs ; La gloire sur son front place son auréole, Le bonheur sur ses pas sème toutes ses fleurs.
Source : Gallica

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