Gaston Bastit, Poésies d'un inconnu (1885)
“ Et quelque douloureuse Que soit la mort, Raoul, je m'en vais d'ici-bas Sans plainte, heureuse encor de mourir dans tes bras! —- O chère et douce femme ! ô noble créature !. Tu n'as donc pas de fiel dans ton âme si pure? Comment donc se fait-il, ange de pureté, Que, vivant avec moi, sans cesse à mon côté, La boue et la noirceur de ma nature infâme N'aient pas éclaboussé la blancheur de ton âme? — C'est Dieu qui l'a voulu, répond-elle tout bas, Le Dieu bon et clément... — Ah! ne me parle pas De ton Dieu, de ce Dieu cruel, inexorable, Qui te prend, toi, si pure! alors qu'un misérable... ”
