Georges Leygues,
La lyre d'airain
(1883)
“ La paix régnait toujours mais devait être brève, Car du sein des taillis sous ses pas entr'ouverts, Bientôt sur l'autre rive, au milieu des joncs verts, Un autre homme apparut et descendit la grève. Et prenant le soleil à témoin de leur sort, Pâles, le coeur gonflé d'une indicible rage, Jaloux de posséder le fleuve et son rivage, Ces deux hommes nouveaux se jurèrent la mort. Et le long d'un sentier que protégeaient les branches, S'étant surpris un jour, ils luttèrent ; leurs yeux S'emplirent d'un éclair sinistre et furieux Et le sang ruissela de leurs poitrines blanches. ”
