Victor de Laprade

Victor de Laprade

Résumé

Portrait de Victor de Laprade Victor de Laprade France ! : chants, poèmes et paysages (1881)

Que peindre et que chanter le soir de la défaite, A travers les débris de l'honneur écroulé?
Comment cueillir des fleurs et conduire une fête Sur un sol que les pieds du barbare ont foulé?
Taisez-vous à jamais, lyres, chansons, beaux rêves, Brises, joyeux oiseaux bercés au bord du nid, Murmures des forêts, voix des flots sur les grèves, Tout ce qui nous parlait d'amour et d'infini !
Un voile noir s'étend sur les sites que j'aime : La nuit se fait sur eux comme au fond de mon cœur.
Je n'ai plus entendu la nature et Dieu même Dans nos bois insultés par les cris du vainqueur.
Source : Gallica

Portrait de Victor de Laprade Victor de Laprade France ! : chants, poèmes et paysages (1881)

Et quand Dieu s'approchait du seuil de nos demeures, L'amour montait aux cœurs et les larmes aux yeux : Émotion bénie où les âmes meilleures Retrouvaient un rayon de la foi des aïeux.
En ce jour bienfaisant l'homme oubliait sa peine, Le pauvre ses besoins, le riche sa grandeur.
La paix et la bonté, non l'orgueil ou la haine, Fleurissaient doucement sous les pas du Sauveur.
Maintenant. de ces jours trop heureux, de ces fêtes, Plus rien !. Hélas! nos cœurs à Dieu ne s'ouvrent plus, Et comme un vent glacé qui passe sur nos têtes, Le doute emporte au loin nos regrets superflus.
Source : Gallica

Portrait de Victor de Laprade Victor de Laprade France ! : chants, poèmes et paysages (1881)

De la Patrie en deuil il doit sécher les larmes, Préparer l'avenir, flétrir les oppresseurs; Il faut que tous ses vers frappent comme des armes !
Il est temps d'émouvoir et d'élever les cœurs.
0 fils d'Anacréon, prends le luth de Tyrtée J Jette un cri de réveil à la France attristée, Et debout, frémissant, des éclairs dans tes yeux, Rappelle aux fils vaincus la valeur des aïeux.
Hier de nos soldats tu peignis la déroute; Maintenant de la gloire indique-leur la route.
Sois sublime, enseignant le devoir, la vertu, Par quoi renaît toujours un grand peuple abattu.
Source : Gallica

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