Adolphe Poisson

Résumé

Adolphe Poisson Heures perdues

Mais, ô retour fatal ! la Muse vengeresse
Le surprend dans la nuit, le tourmente, le presse,
L’affole sans pitié ; car à peine il s’endort
Que dans son rêve il jongle avec les rimes d’or !
BREVIS VITA...
Mon regard éperdu sondait la mer sans borne,
Et là, seul, je songeais, l’esprit rêveur et morne,
À la vie éphémère, à nos jours qui s’en vont
Plus vite que les flots du fleuve vagabond.
Le flot pousse le flot et, de même, les hommes,
Passant sur cette terre ainsi que des fantômes,
Tombent pour faire place à ceux du lendemain.
Mobile est l’océan, ainsi le genre humain.
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Adolphe Poisson Heures perdues

Et la Gaule héroïque ont sur ces bords lointains
Oublié leur fierté sans mêler leurs destins.
Terre, ce sont les bras oisifs de l’ancien monde,
La sueur du proscrit qui te rendent féconde.
Décimé par le fer, grevé par les impôts,
Ne lui promets-tu pas l’aisance et le repos ?
Regarde ! C’est vers toi que court ce grand navire.
Il ne t’apporte pas l’or pur ni le porphyre,
Ni du midi vermeil les tissus opulents ;
Seul, un peuple en haillons se presse dans ses flancs.
Comme un troupeau qu’on parque ils sont là près de mille ;
L’intimité du bord n’en fait qu’une famille.
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Adolphe Poisson Heures perdues

Vois là-bas vers le nord un superbe empereur,
Puissant dans les combats, fort par la tyrannie,
Qui sous son sceptre tient les rois de Germanie.
L’ancien monde à sa voix frissonne de terreur.
Couche dans le cercueil cette superbe tête.
N’est-ce pas un beau rôle ? En vain je l’ai tenté !
Cet obstiné vieillard toujours m’a résisté.
Mais toi, plus jeune, frappe, et que rien ne t’arrête.
Sur terre il est encor des penseurs et des rois,
Des esprits orgueilleux et des âmes hautaines,
Des financiers puissants, de hardis capitaines.
Contemple avec amour ce vaste champ d’exploits.
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