Louis Fréchette

Louis Fréchette

Résumé

Portrait de Louis Fréchette Louis Fréchette Feuilles volantes

Au mois de mai, doux mois où fleurit la cerise, Dans les bosquets tout blancs où l’on s’est attardé, On hume les parfums vernals, et l’on se grise Dans un flot virginal d’effluve débordé.
Le temps passe ; et, plus tard, on voit avec surprise, Sur un rameau pliant, de soleil inondé, Le fruit lourd et vermeil, que balance la brise, Briller robuste et mûr sur l’arbre fécondé.
Cousines, bénissons le ciel ; la vie humaine Est comme la nature : un bon ange ramène Par un autre chemin le bonheur qui s’enfuit.
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Portrait de Louis Fréchette Louis Fréchette Feuilles volantes

Jours de deuil ! plus de nids sous le feuillage vert ; Les chantres de l’été désertent nos bocages ; On n’entend que le cri de l’oiseau dans les cages, Avec les coups de bec sonores du pivert.
De jaunissants débris le gazon s’est couvert ; Les grands bœufs tristement reviennent des pacages ; Et la sarcelle brune, au bord des marécages, Prend son essor pour fuir l’approche de l’hiver.
Aux arbres dépouillés la brise se lamente ; À l’horizon blafard, l’aile de la tourmente Fouette et chasse vers nous d’immenses oiseaux gris...
Des passants tout en noir gagnent le cimetière
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Portrait de Louis Fréchette Louis Fréchette Feuilles volantes

À ma petite Marie-Jeanne.
L’océan roule en paix sa houle souveraine, Où, mobile, se joue un reflet de ciel clair : Et, les ailes au vent, comme un oiseau de l’air, Notre steamer géant y plonge sa carène.
Le soleil radieux s’enfonce dans la mer, Dorant l’immensité de sa splendeur sereine ; Sur les flots monte au loin comme un chant de sirène... Et pourtant, sur ma lèvre erre un sourire amer.
Le spectacle est charmant, féerique, unique au monde ; Mais j’aime mieux les soirs où l’âpre bise gronde Et dans les grands huniers jette son cri strident ;
Ah !
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