Gustave Chaudet

Résumé

Gustave Chaudet La flûte et le clairon : poésies (1915)

Tes yeux se sont fermés au doux ciel de la France, Sur ce sol où ton cœur puisait tant d'espérance. Je ne sais de ta mort si noble de soldat Que ce que m'en ont dit tes frères de combat.
Tu mourus en héros, cela me réconforte;
Pour le pays aimé, qu'un grand souffle transporte, Tu donnas, fièrement, ton sang, ton avenir.
Dors en paix, mon ami, déjà semble rosir
L'aube qui vengera le passé, la justice,
Qui verra l'ennemi vider son plein calice De hontes, de méfaits, d'attentats odieux Dont tremblent les humains, dont se voilent les dieux !
Source : Gallica

Gustave Chaudet La flûte et le clairon : poésies (1915)

Et sur son front serein amasse des baisers Aussi doux que les yeux dont elle le regarde, Qu'un rayon de soleil dans ses cheveux frisés.
Elle presse ses mains, écoute son haleine,
Pure ainsi qu'un parfum de muguet au printemps, Et devant son enfant blotti sous l'ample laine,
Elle sent que son cœur aura toujours vingt ans.
Loin du nid bien-aimé, frangé de gaze rose,
Elle ne peut, dès lors, longuement demeurer ;
Son bonheur n'est complet qu'où son ange repose, Et l'air près de lui seul est tendre à respirer.
BÉBÉ PARLE !
Source : Gallica

Gustave Chaudet La flûte et le clairon : poésies (1915)

La lune, sur les bois, figure pleine et claire, Ricanait sur l'énorme et tragique charnier. Pyram, couché près de l'intrépide guerrier, Léchait, avec amour, la blessure mortelle D'où le sang s'écoulait comme une eau qui ruisselle. Quand on vint relever les blessés et les morts, Pyram veillait toujours jalousement le corps De son maître mourant. Il en suivit la trace A l'ambulance avec un dévoûment tenace. Chez lui, la vie aussi, peu à peu, s'en allait, Car il refusait tout, même sa part de lait ;
Il n'avait plus mangé depuis l'heure fatale
Où son maître tomba, frappé par une balle.
Source : Gallica

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