Alphonse-Marie-Joseph Germain-Lacour

Alphonse-Marie-Joseph Germain-Lacour

Résumé

Portrait de Alphonse-Marie-Joseph Germain-Lacour Alphonse-Marie-Joseph Germain-Lacour Les temples vides (1891)

LE jeune amour, pour s'apaiser, Dédaigne l'âme et vole aux lèvres ; C'est l'heure des ardentes fièvres; Rien n'existe que le baiser.
Ce n'est que plus tard, bien plus tard, Qu'un double mystère nous touche : Le sourire éclos sur sa bouche, Au fond de ses yeux, le regard.
Hélas! on n'y rêve qu'après, Et quand elle a fui, l'amoureuse!
Elle a fait notre bouche heureuse.
Notre cœur a bien des regrets !
Ah! que c'est peu d'avoir aimé Ses yeux bleus et sa bouche rose, Quand on songe à cette autre chose, Si lointaine en son cœur fermé!
Source : Gallica

Portrait de Alphonse-Marie-Joseph Germain-Lacour Alphonse-Marie-Joseph Germain-Lacour Les temples vides (1891)

Mais ce qui s'agrandit, et jamais ne s'achève, Et nous porte plus haut toujours, c'est l'Idéal, Puisque nous résumons dans ce mot tout le rêve, Et toute la tendresse, et tout l'effroi du mal.
Des poètes divins ont embelli nos songes; Le ciel intérieur a plus d'astres par eux.
D'autres demain viendront, par de plus doux mensonges, Mettre une étoile d'or au cœur des amoureux.
III
J'y pense avec effroi. Si j'étais venu vivre, Voici plus de cent ans, dans ce monde imparfait, Je serais mort, n'ayant pas lu plus d'un beau livre, Sans avoir eu le cœur que ces livres m'ont fait.
Source : Gallica

Portrait de Alphonse-Marie-Joseph Germain-Lacour Alphonse-Marie-Joseph Germain-Lacour Les temples vides (1891)

Désormais à chaque goutte, Bien qu'elle ait si peu de poids, La liqueur tremblera toute Et pleurera chaque fois.
III
L'âme est pleine tout à l'heure De tristesse jusqu'aux bords; Mais la tristesse y demeure; Rien ne s'épanche au dehors.
Voici longtemps qu'il y tombe Des pleurs, claires gouttes d'eau; Ce sera jusqu'à la tombe, Et c'est depuis le berceau !
L'âme ne peut plus se taire S'il tombe une goutte encor : Elle a livré le mystère De son douloureux trésor,
C'est la goutte qui révèle Le trop-plein de la liqueur, Et chaque larme nouvelle Fera pleurer tout le cœur.
Source : Gallica

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