Alphonse-Marie-Joseph Germain-Lacour,
Les temples vides
(1891)
“ LE jeune amour, pour s'apaiser, Dédaigne l'âme et vole aux lèvres ; C'est l'heure des ardentes fièvres; Rien n'existe que le baiser. Ce n'est que plus tard, bien plus tard, Qu'un double mystère nous touche : Le sourire éclos sur sa bouche, Au fond de ses yeux, le regard. Hélas! on n'y rêve qu'après, Et quand elle a fui, l'amoureuse! Elle a fait notre bouche heureuse. Notre cœur a bien des regrets ! Ah! que c'est peu d'avoir aimé Ses yeux bleus et sa bouche rose, Quand on songe à cette autre chose, Si lointaine en son cœur fermé! ”
