Marguerite Silvère, Reflets de guerre : août 1914-août 1915 (1916)
“ Ils sentent que les trépas proches N'atteindront pas leurs jeunes cœurs; Qu'on le croie ou bien qu'on l'ignore, La Vie est seule Vérité ; Le tombeau renferme une aurore ; La mort n'est pas réalité!. Et dans les âmes primitives Le Vrai dort, inconnu souvent, Mais jaillit d'une clarté vive, Et comme l'Esprit, plane au vent !. - Et la chanson des Bleus frissonne Jusqu'au firmament radieux; Non la cantilène teutonne Qui passe, sombre, en l'air brumeux, Mais une fanfare éclatante, Vibrant dans l'air comme le cri De l'oiseau fier; âme bruyante, Qui pointait aux clochers détruits ! ”
