Marguerite Silvère

Résumé

Marguerite Silvère Reflets de guerre : août 1914-août 1915 (1916)

Ils sentent que les trépas proches N'atteindront pas leurs jeunes cœurs; Qu'on le croie ou bien qu'on l'ignore,
La Vie est seule Vérité ; Le tombeau renferme une aurore ; La mort n'est pas réalité!.
Et dans les âmes primitives Le Vrai dort, inconnu souvent, Mais jaillit d'une clarté vive, Et comme l'Esprit, plane au vent !.
- Et la chanson des Bleus frissonne Jusqu'au firmament radieux; Non la cantilène teutonne Qui passe, sombre, en l'air brumeux, Mais une fanfare éclatante, Vibrant dans l'air comme le cri De l'oiseau fier; âme bruyante, Qui pointait aux clochers détruits !
Source : Gallica

Marguerite Silvère Reflets de guerre : août 1914-août 1915 (1916)

Le Grand Vitrail de rêve, où l'âme du soleil S'enfermait dans la nuit, est devenu tout ombre, Car, son cristal unique en des éclats sans nombre, S'est dispersé, saignant de son reflet vermeil.
L'Ange invisible et doux qui veillait, radieux, A déserté le chœur d'où fuyait la Lumière, Et Jeanne qui priait, comme à l'heure première, Pour ne pas voir l'Horreur a fermé ses deux yeux !
Seuls, au fond de l'abside, explorant l'horizon D'où venait le fléau, les Monstres diaboliques Qu'enfanta d'un autre âge la rude symbolique, Ont ricané, joyeux d'avoir enfin raison !
Source : Gallica

Marguerite Silvère Reflets de guerre : août 1914-août 1915 (1916)

REFLET
Mon Dieu ! j'ai l'âme en noir malgré le soleil clair; Malgré les chants d'oiseaux dans le feuillage vert; Malgré la grande Paix palpitant sur la ville, Si loin des champs d'horreur et du combat hostile.
Il me semble parfois que je vois, au travers Du riant paysage, un tragique revers, Fait des autres cités qu'on brûle et qu'on mutile Et j'aperçois du sang où le soleil rutile !
Dans la brise, j'entends passer le lourd sanglot Des épouses en deuil. Je sens monter le flot Des larmes submergeant le cœur de tant de mères !
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature