Émile Blémont,
La grande patrie
(1921)
“ OH ! ces femmes en deuil qui me sont apparues, Innombrables, dans nos demeures, dans nos rues, Depuis trois ans que dure, en redoublant d'horreur, La guerre qui nous vint du funeste empereur! Oh ! les héros tombés loin de ces héroïnes! Oh ! tous les orphelins, toutes les orphelines, Vêtus de noir, le front grave, les yeux rêveurs, Que l'on frôle en passant, frêles et tendres fleurs ! Comme, en nos tristes jours, parmi le bruit des armes, On les suit du regard, le coeur gonflé de larmes! Oh ! tous les jeunes gens, si braves et si beaux, Dont tant de pauvres croix nous marquent les tombeaux ! ”
