Gaston Deschamps,
Le rythme de la vie
(1906)
“ Tu pliais sous le poids d'un passé qui t'accable ; L'Histoire t'effrayait ; tu frissonnais d'émoi, Lorsque les siècles morts se levaient devant toi, Debout dans l'ombre formidable. Tu n'aimais que l'écho des empires défunts, La sépulcrale voix des antiques tribuns, Et la cendre des jours, éparse au fond d'un livre ; Tout cela, c'est la mort. Crois-moi, renonce à suivre Des spectres sans gaieté vers des fleurs sans parfums, Lorsque, las d'écouter les scribes, tu recueilles, Parmi le remuement innombrable des feuilles, Ton âme, éprise enfin d'un spectacle vivant, La Vie est là, qui s'offre ”
