Jules Le Fèvre-Deumier

Jules Le Fèvre-Deumier

Résumé

Portrait de Jules Le Fèvre-Deumier Jules Le Fèvre-Deumier Poésies de Jules Le Fèvre-Deumier… (1888)

La vie est-elle si douce, nous accueille-t-elle si bien, qu'il faille avoir peur de la quitter? Nous n'abordons le jour qu'en pleurant; pourquoi gémir encore quand il s'éloigne? Qu'avons-nous à regretter de la terre, où il n'y a pas de bonheur, et souvent pas de plaisir, qui ne finisse par une peine; où le génie n'est qu'un rêve et la beauté qu'une ombre, la gloire une fumée de sons qui se dissipe au vent qui la promène; où l'on se fait un bien de l'espérance, une plante ingrate dont les boutons ne sont jamais des fleurs; où l'on se fait un chagrin d'un malheur qui ne vient pas
Source : Gallica

Portrait de Jules Le Fèvre-Deumier Jules Le Fèvre-Deumier Poésies de Jules Le Fèvre-Deumier… (1888)

C'est quand l'hiver a chassé d'ici-bas tous les astres frileux, dont le printemps et l'été se plaisent à décorer la terre, que les étoiles d'en haut jettent le plus de clarté; c'est quand le soleil en deuil est glacé, que le ciel en parure de fête ruisselle de flamme et de lumière. En est-il ainsi de nos pensées ? Faut-il attendre, pour qu'elles brillent, que nous ne soyons plus que poussière, une poignée de cendre, où ne reste plus rien du feu qui nous brûla? Notre mémoire, celle que nous laissons, s'allume-t-elle quand notre cœur s'éteint?
Source : Gallica

Portrait de Jules Le Fèvre-Deumier Jules Le Fèvre-Deumier Poésies de Jules Le Fèvre-Deumier… (1888)

LES OISEAUX D'ODIN.
Deux corbeaux, appelés Hugin et Munnin, la pensée et la mémoire, reposent sur les épaules d'Odin.
Ils vont et viennent sans cesse du ciel à la terre, et racontent au dieu ce qui se passe dans les diverses contrées du globe. Quand leur vol se fatigue, ce n'est pas sur la cime des pins ou des temples, sur la pointe des rochers ou des mâts qu'ils descendent : ils s'abattent sur les tombeaux. N'est-ce pas tout un cours de philosophie que cette fable? La vie, en effet, ne sait rien d'elle-même et de la pensée de Dieu. C'est la mort qui a le mot de l'énigme et qui nous le dit.
Source : Gallica

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