Résumé

Alfred Marchand Les Poètes lyriques de l'Autriche… (1886)

Que l'aile de la mort te couvre de son ombre, fils de l'homme égaré et déchu ! Les aspirations de ton coeur, tu n'as pu les tourner vers le bien, le beau et le grand, car ton temps t'a retenu dans ses liens honteux. Tu es resté refoulé sur toi-même, et le rayon sacré de l'amour n'est tombé dans ton coeur que comme un éclair de vengeance, comme une ironie satanique. Sois donc pour tous les temps l'image impérissable, l'image terrible de ce que devient, quand elle est dévoyée, l'aspiration divine qui est au fond de l'âme humaine ! » — « Qui es-tu ? » s'écrie le prêtre. — « Je suis Ahasvérus. »
Source : Gallica

Alfred Marchand Les Poètes lyriques de l'Autriche… (1886)

L'idole comparée à l'idéal rêvé ne tarde pas à pâlir, et l'amoureux ne voit plus que fard, mensonge et illusion, à la place des charmes divins qui lui avaient souri. Le ciel un moment entr'ouvert se ferme, et le poète se plaint du froid de la solitude qui de bonne heure enveloppe sa vie. Toutefois ses plaintes n'ont pas l'accent désespéré que l'on trouve chez d'autres victimes de l'amour. Il y a eu désenchantement chez Hamerling ; il n'y a pas eu d'incurable déchirement. Il n'a pas ressenti une de ces atteintes sous lesquelles le coeur
meurtri jette un cri immortel et se brise à jamais.
Source : Gallica

Alfred Marchand Les Poètes lyriques de l'Autriche… (1886)

La plus belle oeuvre d'art, il le sentait, c'est l'homme se façonnant soi-même et se transfigurant, à travers toutes les épreuves et toutes les joies de la vie, d'après le modèle divin qu'il contemple de l'oeil intérieur, et dégageant ainsi du bloc informe de l'argile humaine une figure, une statue supérieure à tous les produits de la nature. La gloire de Hartmann est d'avoir été une de ces figures.
« La destinée de tout qui est beau est de périr » a dit le poète. Cela est-il bien vrai ? L'oeuvre de Maurice Hartmann subiste, et elle enchantera bien des générations encore.
Source : Gallica

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