Edmond Estève, Sully Prudhomme : poète sentimental et poète philosophe (1925)
“ Il goûtait la volupté de l'amour qui neutralise la volonté et qui engourdit l'âme. Mais l'amour qui porte à leur plus haut point toutes les puissances de l'être, l'amour qui n'exalte la vie que pour plus sûrement la transmettre, l'amour qui propage et qui crée, celui-là il en avait peur, et il se demandait s'il avait bien, en conscience, le droit de s'y abandonner. Dans une pièce qui tranche par la violence du ton et l'emportement du langage sur les allures ordinairement calmes et mesurées de sa poésie, il en arrive à maudire la vie elle-même et l'amour qui perpétue la vie. ”
