Edmond Estève, Sully Prudhomme : poète sentimental et poète philosophe (1925)
“ Tout ce que le poète voit autour de lui le ramène à son idée favorite, le spectacle de l'agitation des hommes aussi bien que le silence des cloîtres, la présence et l'absence, la laideur et la beauté. Il n'est rien non plus dans la nature qui ne lui offre le symbole des continuelles séparations et du perpétuel isolement le saule pleureur penché sur l'eau triste où ses feuilles tombent au vent d'automne, les stalactites qui pendent à la voûte des grottes « en pleurs pétrifiés », les bois pleins de silence et de nuit, ou le village endormi et désert dans l'ardente splendeur de midi. ”
