Jacques Villebrune, Sonnets mystiques : Les Pays du soleil… (1886)
“ LA CONTEMPLATION DES SAHARAS. J'apprends, ô Sahara, voyant ton morne sable, Toujours roulant ses flots, comme une immense mer, Insaisissable, vide, et stérile, innombrable, Que même l'infini n'est qu'un néant amer. Tes vagues horizons d'un spleen inexorable, Où mon oeil, fatiguant son vol sans fin, se perd, Me disent, quand je songe à mon vide incurable, Que notre vie à tous n'est qu'un vide désert. Ta solitude, où seul plane un vaste silence, Qui suffit à remplir, vague, l'espace immense, Me dit : Tout vain bruit n'est qu'un inutile effort. ”
