Résumé

Jacques Villebrune Sonnets mystiques : Les Pays du soleil… (1886)

LA CONTEMPLATION DES SAHARAS.
J'apprends, ô Sahara, voyant ton morne sable, Toujours roulant ses flots, comme une immense mer, Insaisissable, vide, et stérile, innombrable, Que même l'infini n'est qu'un néant amer.
Tes vagues horizons d'un spleen inexorable, Où mon oeil, fatiguant son vol sans fin, se perd, Me disent, quand je songe à mon vide incurable, Que notre vie à tous n'est qu'un vide désert.
Ta solitude, où seul plane un vaste silence, Qui suffit à remplir, vague, l'espace immense, Me dit : Tout vain bruit n'est qu'un inutile effort.
Source : Gallica

Jacques Villebrune Sonnets mystiques : Les Pays du soleil… (1886)

LA VIERGE A LA CHAISE.
Doux et profond mystère où l'art nous initie, Qu'admirant Raphaël, les esprits comprendront : Toute femme enfantant est une Vierge, au fond, Tout enfant qu'elle met au monde est un Messie.
Comme un rayon du ciel illumine son front; Par l'esprit divin, mère, elle se sent choisie; Elle donne à son fils, pendant neuf mois, la vie, Qu'est l'homme? un moment, dans ce mystère profond.
C'est un Sauveur, un Christ dont son âme est féconde, Il doit tout accomplir, c'est l'avenir du monde, Qu'elle berce, elle allaite, elle charme, elle endort.
Source : Gallica

Jacques Villebrune Sonnets mystiques : Les Pays du soleil… (1886)

Ton beau regard mystique est si plein de tendresse, Il rayonne, il chatoie, il s'irise sans cesse, Doux comme le soir vague, et les rêveuses mers,
Il me sort de moi-même et de mes noirs enfers, Et me prête le monde enchanté de l'ivresse ; Je plonge dans la nuit immense et charmeresse, Je nage en tous les temps et tous les univers.
Fantaisiste invité du bal de la nature, Mon âme se déguise en toute créature, Dans l'infini je vole à mon gré sans effort;
Tour à tour flamme, étoile et tout ce que j'envie; Je bois, dans tes yeux verts, l'universelle vie, Avec la ténébreuse ivresse de la mort.
Source : Gallica

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