Stéphen Liégeard,
Rêves et combats
(1892)
“ La pitié le lui tend, la tendresse l'éclaire : Un regard de qui souffre est son meilleur salaire. Le siècle à son flanc nu traînait un fer de dard... Et ta Muse voulut tomber, comme Cédar, Pour étancher le sang, du revers de son aile : Mais la flamme est restée à son front d'immortelle, Et quand, dans l'âpre nuit, nous cherchons un chemin, C'est le ciel, son pays, que nous montre sa main. Oh ! qu'il en reverdit de ces tiges fanées ! A ce frais renouveau que d'âmes deux fois nées ! Comme cette urne d'or d'où coule ta liqueur Désaltéra la lèvre en réchauffant le coeur ! ”
