Édouard Grenier,
Poèmes épars
(1889)
“ L'amour qui vous élève au-dessus de vous-même, Pur, héroïque et fort; l'amour complet, suprême; L'amour qui vous fait dieu, dont le prisme enchanté Rend au monde un instant sa première beauté. Ah ! quand on l'a perdu, c'en est fait de la vie ; On en garde une soif toujours inassouvie, Un rêve insaisissable, et l'aiguillon divin D'un bonheur qui n'est plus et que l'on cherche en vain ! VI — Dégagé des vapeurs qui voilaient son aurore, Le soleil plus ardent monte au zénith qu'il dore, Et poursuit son chemin par Dieu même tracé. Mon cœur, mon pauvre cœur, où t'ai-je donc laissé ? ”
