Édouard Courteville

Résumé

Édouard Courteville Poésies posthumes (1889)

Et, dans un large élan de solidarité, Le monde, à ton appel, lutte de charité.
C'est qu'on t'aime avant tout et qu'on vit de ta vie ; C'est qu'on sait t'admirer, si parfois l'on t'envie ; C'est qu'à défaut de tête on te connaît un coeur Généreux dans la joie et grand dans la douleur.
C'est qu'au loin tes clartés illuminent la terre ; Qu'au milieu des succès, pensant à la misère, Tes grands fastes de gloire et d'immortalité N'ont pas été ternis par la rapacité.
Source : Gallica

Édouard Courteville Poésies posthumes (1889)

Est-ce le sol qui pleure, en sa glèbe glacée, Les beaux jours du printemps où le soleil est gai, Et les rayonnements de sa splendeur passée, Dans les douceurs d'avril et les tiédeurs de mai?
Ni ceci; ni cela . C'est le cri des victimes Que la fureur des Rois offre au dieu des combats : Ils sont tous là, mêlés dans des contacts intimes, Tous — vainqueurs et vaincus, officiers et soldats.
Il ne reste plus qu'eux sur le champ de bataille, Les mourants et les morts couchés dans les sillons. C'est l'horrible moisson qu'a faite la mitraille Fauchant, tout un long jour, au coeur des bataillons !
Source : Gallica

Édouard Courteville Poésies posthumes (1889)

Mais voici que soudain l'orage éclate. En sorte Qu'en moins de rien notre homme est trempé jusqu'aux os! Le tonnerre mugit. L'éclair brille. Il n'importe ! Lui reste toujours là, l'oeil fixé sur les eaux,
Impassible ! — On dirait même que son visage.
Si morose un instant, devient tout radieux.
C'est que ce mauvais temps est du meilleur présage :
Après l'orage on sait que le poisson mord mieux !
Est-ce que tant d'efforts, tant de persévérance Pourraient être perdus? Non certes ! Le bouchon Lui semble, par instants, s'agiter... d'espérance : Le pêcheur voit déjà sa friture au poêlon.
Source : Gallica

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