Henri Ardel

Henri Ardel

Résumé

Portrait de Henri Ardel Henri Ardel L'été de Guillemette (1908)

Elle est timide, douce, savante et scrupuleuse jusqu’à la minutie dans le souci de son devoir.
— Ah ! Guillemette, pourquoi vous moquez-vous de moi ?
— Ma petite M’selle, je ne me moque pas du tout, je constate ! réplique Guillemette avec un sourire d’amitié à la jeune institutrice qui, son aînée de plus de dix ans, lui donne souvent l’impression d’une créature à protéger.
— Aimez-vous l’été ? vous ? M’selle.
— Oh ! non ! je ne l’aime pas ! laisse échapper Mademoiselle, avec une telle conviction que les prunelles de Guillemette la contemplent, surprises.
Source : Gutenberg

Portrait de Henri Ardel Henri Ardel L'été de Guillemette (1908)

Mais aux battements des cils, René devine les paupières lourdes des larmes qu’elle ne veut pas laisser couler. Il attire la main qui tourmente l’étoffe de la robe d’un geste inconscient et l’enserre dans les siennes.
Elle n’a aucun mouvement pour se dérober et lève vers lui des prunelles larges d’angoisse :
— Oh ! mon oncle, est-ce que je pourrai jamais oublier comme le malheur vient vite !... J’ai peur de la vie, maintenant...
— Il ne faut pas... parce que le bonheur aussi vient vite et les mauvais jours passent, vous le savez bien...
Source : Gutenberg

Portrait de Henri Ardel Henri Ardel L'été de Guillemette (1908)

Comme c’est beau ! n’est-ce pas ? mon oncle.
Elle ne tourne pas la tête vers lui. Il voit seulement le profil expressif, où les cils tracent une ligne sombre sur les joues, si fraîches sous la brise qui enroule étroitement la robe autour du corps svelte. Et, brusquement, il se souvient — comme il s’est souvenu souvent depuis une semaine...
Combien de fois, durant l’été inoubliable, il a ainsi contemplé le coucher du soleil, auprès de Nicole !... L’écho des souvenirs morts tressaille en lui. Sans en avoir conscience, il écoute leur murmure confus.
Source : Gutenberg

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