Henri Ardel,
La nuit tombe
(1923)
“ Du même ton bas et vibrant, il murmure :— Ma chère, très chère petite amie, si vous avez un peu besoin de moi, est-ce que jamais j’aurai le courage de vous quitter !— Il le faudra bien...Je m’arrête court, car ma voix s’altère. Mes nerfs ont eu trop de secousses depuis quelques jours !Je suis lasse, oh ! que je suis lasse ! Je voudrais me reposer dans ce silence, devant ce lac paisible, sous le large ciel couleur de mauve et d’or, blottie contre le cœur qui veille sur moi... Et oublier passé, avenir, tout, oh ! tout ce qui n’est pas la douceur de me sentir protégée ! ”
