Henri Ardel,
Seule
(1901)
“ Il y avait tant de sympathie affectueuse dans l’accent de Mme Dupuis-Béhenne, dans l’étreinte de ses mains potelées, qu’une détente se fit dans l’âme de Ghislaine, lui voilant les yeux d’une buée de larmes. Mais elle ne voulait pas s’abandonner et, sous l’effort qu’elle faisait pour refouler son émotion, sa voix devint un peu brève :— Comment je vais ? chère bonne amie... Comme ceux qui n’ont plus rien à perdre.— Ma pauvre Ghislaine, oui, vous avez été bien durement éprouvée !— Mon amie, ne m’attendrissez pas, je vous en supplie. J’ai besoin de tout mon courage... ”
