Paul Lacour

Résumé

Paul Lacour Ghislaine et son chevalier (1939)

Ce sera, vois-tu, Henri, l'éternel regret de ma vie d'avoir pensé passionnément à une autre qu'à Ghislaine.
— Qui ne t'excuserait, chevalier? Solange, elle aussi, est délicieuse. Et puis, elles ont un air de famille !
Gérald, d'un geste vif, protesta. Henri reprit aussitôt :
— Je t'assure que cette ressemblance, si vague qu'elle soit, existe. L'une est blonde, l'autre brune, c'est entendu. Leur grâce indéniable n'est point la même : féline et étudiée chez l'une, naturelle chez l'autre, d'accord. Mais ce sont presque les mêmes traits, la coupe longue du visage, la courbe identique du nez.
Source : Gallica

Paul Lacour Ghislaine et son chevalier (1939)

Alors, l'idée de rompre l'envahit avec une force incroyable. Il se sentait le courage de parler. Il allait parler sans délai. Demain, qui sait ! il se retrouverait peut-être veule, soumis, lié pour jamais à une femme délicieuse, mais frivole, coquette, à une de ces femmes séduisantes et redoutables qui font la joie d'un jour et le malheur de toute la vie.
— Solange, dit-il, il faut que je vous parle ! Le son de sa voix et l'expression de ses yeux, la pâleur aussi du visage trahirent le chevalier. Mlle d'Arsy, avec son intuition féminine, devina l'orage de ce cœur et l'éclat qui la menaçait.
Source : Gallica

Paul Lacour Ghislaine et son chevalier (1939)

Ghislaine reprit :
— Il s'agit de Mlle d'Arsy.
— Que m'importe !
— Il vous importe et il doit vous importer ! répliqua Ghislaine. Quand on a aimé, on continue d'aimer, et c'est pour la vie.
— A la condition d'être payé de retour. Et encore... j'admets qu'on aime sans espoir ou qu'on demeure attaché à une mémoire chérie, mais rester fidèle à un amour non partagé, dédaigné même, que dis-je, bafoué!... Quelle duperie ! Ah! non ! c'est trop demander.
— Vous êtes dur.
— J'ai beaucoup souffert.
— Et vous souffrez encore. Mlle Solange occupe votre cœur plus que vous ne croyez.
Source : Gallica

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