Jean de La Brète

Un vaincu (1922)

Résumé

Jean de La Brète Un vaincu (1922)

« C’est ce matin, Madame, que nous nous sommes fiancés. De nous deux, c’est peut-être moi la plus heureuse ; il est si bon de donner tant de bonheur ! N’ayez plus aucune inquiétude. Si vous saviez comme j’ai le cœur plein de joie en voyant que, avec un mot, j’ai sauvé un homme de cette valeur du malheur qui l’accablait ! Ne craignez rien : je suis heureuse, bien heureuse, croyez-le, et, de même que sa vie est transformée, la mienne va se dilater dans sa tendresse et celle que je veux lui donner. »
Preymont était en effet délivré du poids étouffant qui l’avait oppressé toute sa vie.
Source : Gutenberg

Jean de La Brète Un vaincu (1922)

Il était fils unique, et jusqu’alors ses parents avaient été aussi fiers de sa beauté que de son intelligence très précoce. Son père, enlevé brusquement par une fièvre pernicieuse, n’eut pas la douleur d’assister aux souffrances morales de l’enfant, dont la nature se modifia rapidement aux premiers contacts d’une existence anormale. De vif, expansif et hardi, il devint taciturne, hésitant et réservé. A l’âge où l’on ignore la vie et le chagrin, dans ce temps radieux de fols espoirs, de naïves croyances, il perdit, en lui-même et en l’avenir, la confiance qui est l’essence même de la jeunesse.
Source : Gutenberg

Jean de La Brète Un vaincu (1922)

Seuls, le vieux manoir et le parc s’harmonisaient avec elle. Quand elle passait au milieu des arbres tailladés à l’ancienne mode, ils semblaient tout rajeunis par la vue de cette jeune beauté qui évoquait leurs souvenirs et des espérances.
Durant un temps fort long, Suzanne avait contemplé l’existence de la maison de son père à travers les impressions heureuses de l’enfant, quoiqu’elle se fût attristée souvent en ne trouvant pas chez M. Jeuffroy la tendresse qu’elle-même avait pour lui. Impression d’abord un peu fugitive, qui avait grandi avec elle, puis refoulé les élans de son affection.
Source : Gutenberg

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