Paule Régnier,
La vivante paix
“ Et Laurence, le cœur dilaté de joie, ne jugeait plus que sa vie fût sans but, sa tendresse inutile.— Tout est bien ainsi, songeait-elle. L’amour dont j’ai soif n’existe pas ; je ne l’ai vu nulle part sur la terre. Si j’avais été par la beauté l’égale de Cyril, s’il m’avait choisie, quelle possession eût jamais pu combler mon désir infini ? Qu’aurais-je été pour lui ? Sa femme ? A quoi bon. La vie commune, loin de rapprocher les êtres, les sépare. Sa maîtresse ? Mais tout amour qui s’épanouit dans le désordre est précaire, menacé, fugitif. Mieux vaut ne le point connaître que de le perdre. ”
