Marie-Sophie Leroyer de Chantepie

Résumé

Marie-Sophie Leroyer de Chantepie Mémoires d'une provinciale. Tome 2 (1880)

Ne savez-vous pas, Marcie, qu'il y a des hommes innocents condamnés à l'échafaud. Il en est d'autres, plus faibles que coupables, mais aussi malheureux, car ils expient l'erreur d'un moment par le déshonneur de toute une vie.
Si j'étais l'un de ces hommes, m'aimeriez-vous encore?
— Toujours! s'écria Mlle de Villermès avec enthousiasme, et peut-être davantage encore, car je vous plaindrais autant que je vous admire, et, dans le passé comme dans l'avenir, je suis à vous pour jamais.
— Généreuse amie, dit Horace ému jusqu'aux larmes, si j'acceptais un tel sacrifice, je n'en serais pas digne.
Source : Gallica

Marie-Sophie Leroyer de Chantepie Mémoires d'une provinciale. Tome 2 (1880)

Marcie, reprit Horace en versant des larmes, c'est maintenant que je reprends confiance en Dieu. Sans doute j'ai quelques droits à sa miséricorde, puisqu'il me laisse l'amour d'une femme telle que vous, je n'arriverai pas vivant au bagne, j'en ai la conviction, mais la mort ne nous séparera pas tout à fait, Dieu permettra à mon âme de suivre la vôtre et je vivrai tout entier dans votre souvenir.
— Horace, vous vivrez, dit encore une fois MUe de Villermès, et s'il en était autrement je sens
que nous serions bientôt réunis, car ni la mort, ni l'absence ne peut nous séparer.
Source : Gallica

Marie-Sophie Leroyer de Chantepie Mémoires d'une provinciale. Tome 2 (1880)

Marcie, s'écria Rosine avec effroi, cette mort dont vous me parlez avec tant de calme me glace de crainte et d'horreur. Je me vois enfermée dans ma bière, je sens le poids de la terre sur ma poitrine, les pas de l'indifférent qui me foulent aux pieds. Ah ! c'est horrible!.
— Mais, chère Rosine, dit Mlle de Villermès, vous en parlez comme si vous aviez alors conservé le sentiment de la vie. Songez que vous n'y serez plus, que votre âme, délivrée de toutes oppressions, sera libre enfin.
— Je le sais ; mais je redoute surtout l'inconnu qui m'attend, car où l'âme ignore, elle peut tout supposer.
Source : Gallica

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