Marthe Fiel, Marane la passionnée
“ Maman ne me parlait plus. Je ne désirais pas non plus échanger des paroles avec elle. Il me semblait que tout mon être était pétrifié. Je n’éprouvais plus de sensation. Mon cœur était devenu de pierre. J’allais comme une somnambule, l’âme dolente. Cette délivrance ne m’apportait pas la joie que j’escomptais. Chanteux disparu, l’ombre restait épaisse autour de moi. Un soir, alors que j’avais souhaité bonne nuit à ma mère, elle me dit rudement : — Comment peux-tu dormir ? — Je ne dors pas, répliquai-je. — Comment peux-tu encore regarder les gens en face ? ”
