Laetitia Filion

Résumé

Laetitia Filion À deux

Je n’ignorais pas qu’il y avait au village une jeune fille qui m’aimait éperdument. Je la connaissais de vue, physiquement elle était aussi bien que l’autre, elle n’apportait aucune dot ; et ce qui était pire, elle n’avait jamais fait battre mon cœur. L’admiration qu’elle me témoignait, n’avait jamais été plus pour moi, qu’une satisfaction d’amour propre. Par orgueil froissé, par lassitude d’attendre, je me décidai à l’épouser. Encore une fois je te répète : « Ne marie jamais une femme que tu n’aimes pas. »
— Et cette jeune fille, c’était Marie Lavoise, la mère de Laure, s’exclama Alexandre.
Source : Wikisource

Laetitia Filion À deux

Et un flot de sang empourpra ses joues.
— Trop belle, Que veux-tu dire ? Laure est aussi bonne, aussi pure que belle.
— Je n’en doute pas, acheva Lucille. Oublie ce que je viens de te dire, tu croirais que je suis jalouse. Tu le sais, ces choses là se devinent facilement, je t’aimais. À quoi bon vouloir te le cacher ? Maintenant que j’ai vu ta belle payse, je comprends que tu n’as jamais pu m’aimer. Si par hasard, ce que je ne suis pas assez méchante pour te souhaiter, elle te délaissait un jour ; si tu avais besoin d’un cœur assez grand pour te consoler : souviens-toi de Lucille Prévoust.
Source : Wikisource

Laetitia Filion À deux

Tu ne pouvais mieux deviner, ma petite Lucille, Laure est ma payse. Pourtant quand tu as commencé de la jalouser, elle n’était pas encore apparue dans ma vie. Ma payse, mais je ne l’ai connue qu’ici. Comment se fait-il ? je ne me l’explique pas moi-même, que je puisse être passé tout près de cette enfant jolie sans l’avoir remarquée. Et encore, quand un garçon a quinze ou seize ans, il ne pense qu’à se faire un avenir, à devenir quelqu’un, avant de songer à attirer les regards, à éveiller l’amour.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature