Louis-François Raban

Résumé

Louis-François Raban,  Le valet du diable (1838)

“ Orgueil toujours, orgueil partout !
J'étais brisé, mouillé et tout couvert de molisse.
Cette gracieuse mère eut pitié de moi ; elle essuya mon visage, et me prenant par la main : « Viens, dit-elle, courons vite à la maison.
Surtout que personne ne sache ce qui nous est arrivé. » Ainsi, dans son ingénieuse bonté, elle se faisait ma complice; et encore à présent ce mot nous remplit mon cœur d'une émotion de reconnaissance.
Je rentrai meurtri, fiévreux, et, de plus, confus. Le soir, le frisson me saisit, et pendant
la nuit le délire s'empara en maître de mon jeune cerveau.
”
Source : Gallica

Louis-François Raban,  Le valet du diable (1838)

“ Turquoise éperdue s'élance, veut à son tour
saisir la vision : « Ma mère! ma mère! » répète-t-elle. Mais tout a disparu, l'image et le génie; et Turquoise est seule en présence du soleil éclatant, qui verse dans sa chambre ses chauds rayons d'or.
II
Turquoise était heureuse : le visage entrevu dans ses rêves, elle l'avait vu de ses yeux ; il l'avait touchée! Cette mère adorée, elle la connaissait à présent, et, puisqu'elle lui avait souri, c'est qu'elle était contente d'elle. Et le bon génie, comme elle l'aimait aussi, comme elle lui était reconnaissante !
”
Source : Gallica

Louis-François Raban,  Le valet du diable (1838)

“ « Ainsi, vous me quittez? dit-elle. Oh! je ne me fais pas d'illusion, ne niez pas. Ainsi, votre ambition
est plus forte que votre amour. Cet amour profond! éternel! il cède et s'incline devant une gloire trompeuse, et me voilà sacrifiée, abandonnée! — Ah! chère et malheureuse amie, s'écria André en portant la main à ses yeux, quelle douleur vous me causez ! Vous me voyez le cœur brisé et vous m'accusez !.
—Ne pleurez pas, vous, non pas vous, reprit Laure attendrie soudainement. C'est moi qui devrais pleurer, mais je ne le puis pas !. »
”
Source : Gallica

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