Résumé

Portrait de George Sand George Sand Rose et Blanche/Tome IV

Elle ne s’inquiéta donc pas beaucoup de ses larmes, mais elle s’en affligea.
— Qui donc sera heureuse, si ce n’est toi, lui dit-elle ? Toi dont l’âme est si pure, le passé si calme, la vie si douce, l’avenir si sublime ; le ciel si assuré ! que te manque-t-il ?...
La grâce ! la grâce me manque, Dieu m’abandonne...
— Quelle folie ! ce jésuite qui te confesse te fera perdre l’esprit...
— Non, Rose, c’est un saint homme, et comme tu dirais dans tes idées un brave homme ; non ce n’est pas lui. Il s’efforce de me consoler, de me rassurer, mais c’est impossible, l’esprit du mal triomphe... Ah !
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Portrait de George Sand George Sand Rose et Blanche/Tome IV

Rose trouva le couvent hideux ; son cœur se serra, un sentiment d’effroi inexplicable s’empara d’elle toute entière : — Vivre ici ! s’écria-t-elle, vivre toute ma vie dans ce tombeau ! dans cet oubli terrible ! dans cet affreux silence ! Et là-bas, des plaisirs, des chants ! de la lumière à flots ! du bruit à en mourir de joie ! des voitures qui volent, des femmes resplendissantes, un théâtre, une Pasta !... et rentrer le soir au couvent, s’éveiller d’un rêve si enchanteur, et se trouver froide et seule sur des tombes !...
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Portrait de George Sand George Sand Rose et Blanche/Tome IV

Cette femme, si hardie, si étrange dans la maison du Seigneur, si fille de costume, de manière et de ton, devint pâle comme un linceul, agitée, presque suppliante. — Se meurt ! s’écria-t-elle, en saisissant avec effusion les mains ridées de l’écouteuse, se meurt, dites-vous !... oh ! bien sûr, vous vous trompez, bonne femme... ce n’est pas Rose, Rose de Beaumont, une fille si jeune, si forte, si fraîche, une fille si belle !... Quand je l’ai quittée, elle était brillante de santé, elle avait de la santé pour un siècle : Rose ne se meurt pas, c’est une autre !
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