Laetitia Filion

Élements biographiques

Laetitia Filion À deux

Je n’ignorais pas qu’il y avait au village une jeune fille qui m’aimait éperdument. Je la connaissais de vue, physiquement elle était aussi bien que l’autre, elle n’apportait aucune dot ; et ce qui était pire, elle n’avait jamais fait battre mon cœur. L’admiration qu’elle me témoignait, n’avait jamais été plus pour moi, qu’une satisfaction d’amour propre. Par orgueil froissé, par lassitude d’attendre, je me décidai à l’épouser. Encore une fois je te répète : « Ne marie jamais une femme que tu n’aimes pas. »
— Et cette jeune fille, c’était Marie Lavoise, la mère de Laure, s’exclama Alexandre.
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Laetitia Filion Amour moderne

Pierrette tressaillit.
— Ce mot, je te défends de le prononcer. Je ne veux pas le revoir. Je le méprise dans mon cœur, mais pourtant nous sommes si curieusement organisés que je pourrais de nouveau me laisser prendre à ses manières, à sa parfaite distinction apparente ; mais d’un mariage sans estime, je ne veux à aucun prix. Il a été trop vilain, jamais je ne pourrais l’aimer comme autrefois, que dis-je, je ne saurais l’estimer une minute. Il a physiquement tout ce qu’il faut pour plaire, mais son cœur, à la hauteur du bas de laine, m’a dégoûtée. La vie cache tant de bassesses.
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Laetitia Filion Amour moderne

Le salon est désert. Il retrouve la mère dans la chambre de sa fille. La chambre jaune si vivante l’autre soir, a pris avec les jours, un aspect lugubre. Sur la table, tout près du lit, des fioles, dans l’air une senteur de pharmacie. Sur les oreillers blancs, une figure pâle, souffrante, entourée de cheveux noirs dont les mèches se collent aux tempes moites. Quand les yeux s’ouvrent, ils ne semblent rien voir. Ils sont brillants de fièvre et trop grands dans la figure exsangue. Charlie contemple cette vision si peu semblable à ses rêves. Pierrette si pleine de vie, d’une santé si robuste !
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