“ Un mari ! J’allais avoir un mari sans l’avoir voulu ! À coup sûr, je rêvais. Non, j’avais conclu un marché, un odieux marché. Je troquais ma vie, ma simple vie, contre la tranquillité de mon père. Et moi qui trouvais lamentable le futur mariage de Léo, je jugeais maintenant qu’il était des plus parfaits. C’était une belle union d’amour, dans laquelle il n’entrait aucune condition draconienne. Les Durand étaient des gens estimés de tous, tandis que M. Galiret et son neveu vivaient de pots-de-vin et de chantage. ”
Marthe Fiel
Résumé
Mon erreur, de Marthe Fiel, examine les conflits entre obligations familiales et désirs personnels à travers le récit d’une jeune femme confrontée à un mariage imposé. Les thèmes de la parentalité, des fiançailles et des relations sociales s’entrelacent autour des personnages principaux tels que Léo, Berthe Durand et Mlle Clarseil.
L’œuvre, publiée dans un contexte où les normes sociales durcissent les choix individuels, dépeint une recherche de liberté face aux attentes familiales. Les citations révèlent une bataille intérieure entre amour, abnégation et devoirs, illustrant la complexité des relations humaines.
Citations de Mon erreur (Marthe Fiel)
“ Le visage soucieux, concentré, de papa m’alarma. Avait-il donc tant d’ennui de la décision de Léo ? En était-il affecté à ce point ? J’éprouvais beaucoup de difficulté à garder pour moi un sentiment qui me torturait, et, comme nous étions en famille, je ne pus me tenir de lancer : — Papa..., qu’est-ce que tu as ? Tu n’es pas malade ? Je ne veux pas que tu sois malade... J’avais un air si tourmenté que mon père réprima un tressaillement, et il répondit avec son bon sourire : — Tu plaisantes, ma petite fille ; je me porte bien, mais tu sais qu’un travailleur a toujours des responsabilités. ”
“ Jean Gouve ne pouvait pas supporter la comparaison avec Berthe de Dareuil, et j’étais précipitée seule dans l’abîme. J’espérais que Léo serait mon compagnon dans la mésalliance et que mon rustre de mari deviendrait le digne pendant de la fille du concierge. Cela m’assombrissait passablement. Je dus accomplir un prodige d’énergie pour être à l’unisson de la joie générale. Décidément, la vie devenait lourde pour moi. C’en était fait de cette franchise que j’aimais tant, de cette netteté dans la pensée, de ce primesaut qui était ma force et peut-être mon charme. ”
