Résumé

Portrait de Georges Ohnet Georges Ohnet Les batailles de la vie. Serge Panine (1881)

Vous le voyez, Jeanne, grâce à vous, aux yeux de tous, mon bonheur est complet.
Jeanne fronça le sourcil, et, sans répondre, fit de la tête un signe dédaigneux et hautain. Cayrol continua, sans voir ces symptômes précurseurs d'un orage : — On m'envie! et je le comprends ! Je ne changerais avec personne. Tenez! Notre ami le prince Panine est bien heureux, il épouse une femme riche dont il est aimé et qu'il adore. Eh bien! il n'est pas plus heureux que moi!
Jeanne se leva brusquement, et foudroyant son mari d'un regard étincelant : — Monsieur! s'écria-t-elle avec colère.
Source : Gallica

Portrait de Georges Ohnet Georges Ohnet Les batailles de la vie. Serge Panine (1881)

Madame Desvarennes resta un instant silencieuse, puis, avec un attendrissement subit, et comme si elle eût voulu s'excuser de la trahison de sa fille : — Viens que je t'embrasse encore, mon pauvre garçon. Tu as du chagrin, n'est-ce pas? Et moi donc ! Je suis toute désorientée. Depuis dix ans je caresse l'idée de te voir épouser Micheline. Tu es un homme de premier mérite, et puis tu n'as pas de famille. Tu ne m'enlèverais pas ma fille, toi, au contraire, tu m'aimes un peu, je crois. Tu vivrais volontiers auprès de moi. En faisant ce mariage je réalisais le rêve de ma vie.
Source : Gallica

Portrait de Georges Ohnet Georges Ohnet Les batailles de la vie. Serge Panine (1881)

Qu'on me juge comme on voudra : je ne m'occupe que de moi! J'ai une âme vulgaire, un esprit bas, tout ce qu'il vous plaira! Mais l'idée que cette femme est à un autre me rend fou ! Je devrais haïr cette misérable, et malgré tout, je ne puis me passer d'elle. Il me la faut. Si elle veut revenir à moi, je lui pardonnerai. C'est ignoble! je le sens bien, mais c'est plus fort que moi! Je l'adore!
En face de cet amour aveugle, sourd, affolé, madame Desvarennes frémit. Elle pensa à Micheline qui aimait Serge comme Cayrol aimait Jeanne.
Source : Gallica

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