“ Micheline tressaillit. Elle se ressouvenait du poupon ridé qu’elle trouvait si laid dans sa couchette de bois. La petite fille transformée, devenue robuste et jolie, se vengeait inconsciemment du dédain maternel. Elle était cruelle d’instinct. Des larmes ruisselèrent sur le visage couturé. Il ne suffisait plus aujourd’hui à Micheline de paraître pour voir aussitôt des visages souriants. Aimer et se faire aimer, elle entrevit devant elle un long et patient apprentissage. D’un air sérieux, la petite fille considéra longtemps le chagrin causé par sa résistance. ”
Micheline
Définition et enjeux
Le nom de Micheline évoque, dans la littérature, une figure féminine souvent liée à la jeunesse, aux sentiments et aux liens familiaux. Dès les premières pages de ses œuvres, les auteurs explorent cette image à travers des angles variés : Hector Malot la dépeint comme une enfant vive, source de joie et de désaccords, tandis qu’Eugénie Pradez met en évidence ses conflits intérieurs et sa progression vers l’attachement.
Chez J.-H. Rosny, Micheline incarne une attirance physique et un amour profond et complexe, et Georges Ohnet la montre métamorphosée par l’amour en une jeune femme passionnée. Ces interprétations, riches de subtilités, révèlent une grande variété de visions qui traversent la littérature du XIXe siècle.
Citations sur “Micheline”
Étienne Bricon, Micheline Quinette (1913)
“ Micheline et son mari promènent sur la terrasse de Monte-Carlo leur mois de février nuptial, — lui, fatigué de courir les routes, elle, empressée de faire épanouir son bonheur à un soleil de luxe. Il va être midi. Sous un grand chapeau rouge, Micheline est tout en rose de Chine avec la tache mélodieuse de ses turquoises gravées d'or, M. de Roquebrune en chapeau de paille et en pantalon de flanelle blanche : ils marchent dans un décor enchanté au milieu des palmiers et des fleurs. ”
Hector Malot,
Micheline
(1884)
“ Elle avait encore une manière de dire : « Oh ! Micheline ! Micheline ! » qui était un rappel à l'ordre, mais dont Micheline ne tenait aucun compte, sentant bien, avec cette intuition enfantine qui ne se trompe pas, qu'elle était la vraie et la seule maîtresse dans cette maison. Après le déjeuner, on passa dans un grand salon où se trouvait un piano à queue, et la princesse s'approchant de Germaine lui demanda, à voix basse, si elle ne consentirait pas à faire un peu de musique. ”
