Georges Courteline

Georges Courteline

Résumé

Portrait de Georges Courteline Georges Courteline Les Linottes

Ayant chassé sur ses coulisses la glace sans tain d’un placard où des hauts-de-forme étagés dormaient immobiles sur leurs ailes, tels de gros oiseaux au repos, le chapelier, d’une main que guidait l’expérience et la longue pratique des choses, prit un chapeau dont il coiffa Roté.
— Voici qui va des mieux, dit-il.
Dehors, l’accalmie s’était faite. Le beau temps remplaçait l’orage, et, à travers les brumes d’une bouderie dernière, le rire, l’adorable rire, du soleil réconcilié, était celui d’une jeune épousée à travers les gazes de son voile.
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Portrait de Georges Courteline Georges Courteline Les Linottes

D’un bout de buvard où s’abattait son poing fermé, il avait épongé les feuilles éparses autour de ses coudes. Il en prit une, l’éleva jusqu’à ses yeux, commença à déclamer : « Marthe ! est-ce que tout cela n’est pas qu’un abominable cauchemar ?... »
De même vibre l’âme des gamins au vide ronflant des tambours, de même vibre l’âme des femmes au vide des paroles qui ne signifient rien. Le genou haut calé à la table, les yeux clignés derrière le nuage bleuâtre de la cigarette qu’elle suçait, Victoria buvait en silence le flot de pompeux lieux communs qui coulait des lèvres de Cozal.
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Cozal disait volontiers :
— Le clair de lune va aux grands arbres comme le bleu va aux blondes et le vermillon aux brunes.
Cette nuit-là, il fit un clair de lune superbe, qui baigna d’argent et de silence les grands arbres peuplés d’oiseaux de la Villa Bon-Abri ; mais Cozal n’y retrempa point son âme sensible de poète : ceci par la raison qu’il coucha rue Saint-Jacques, aux côtés de la blonde Victoria, sous les lambris d’une mansarde haut perchée que décoraient des photographies d’inconnus fixées aux lambeaux du papier avec des épingles de nourrice.
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