Ernest Pérochon

Résumé

Ernest Pérochon Huit gouttes d'opium (1925)

Dominique roula sur le chemin comme un peloton de laine et s’enfonça d’un seul coup dans un vilain sommeil.
Quand il rouvrit les yeux, il ne comprit d’abord rien à rien. Puis il se rappela Victor et Mariette.
— Ça, par exemple, c’est un sacré bon tour !
Il vit ensuite la bicyclette cassée ; il l’agrippa d’une main et l’envoya dinguer, disant, tout en colère :
— Damnée patraque ! saleté ! gadoue ! chameau !...
Cela pour se soulager l’âme.
Il voulut se relever, mais ce fut en vain ! Aïe ! Aïe ! cela n’allait plus du tout ! Dominique avait une jambe en zigzag, complètement disloquée.
Source : Gutenberg

Ernest Pérochon Huit gouttes d'opium (1925)

Il eût volontiers juré et proféré quelques gros mots, mais il lui fallait d’abord rejeter par la bouche et par les narines, l’eau qui lui était entrée jusqu’à l’âme. L’immense éclat de rire de la mer se prolongeait encore quand Isidore put ouvrir les yeux. Il vit, à quinze pas de lui, ce sapristi de bonhomme qui, les mains au dos, le regardait en rigolant aussi.
— Est-elle bonne, ce matin ?
— Sans pareille ! rugit Isidore.
Et, tournant le dos au ridicule vieillard, il affronta les vagues. Il crut de son devoir, puisqu’on le regardait, d’imiter de son mieux les gestes du parfait nageur.
Source : Gutenberg

Ernest Pérochon Huit gouttes d'opium (1925)

Un éclair de fierté brilla dans les yeux de Claude.
— Parlez vite ! dit-elle.
— Un instant ! reprit l’Ermite. Comme nous en arrivons à la grosse magie, il faut que ce soit un peu plus solennel.
Il pénétra dans sa grotte, où il peigna sa barbe avec soin et revêtit une blouse immaculée.
Puis il revint se placer en face de Claude, afin de pouvoir la regarder dans les yeux.
— Jeune fille ! dit-il fortement, pendant sept jours consécutifs, vous direz la vérité, toute la vérité, seulement la vérité... Levez la main droite !
Claude devint pâle comme une morte. Elle leva pourtant la main droite.
Source : Gutenberg

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