Étienne Bricon

Élements biographiques

Étienne Bricon Micheline Quinette (1913)

Contredite, irritée, Micheline s'emporte, et, venue rue de Courcelles sans songer au divorce qu'elle méprise, qu'elle tient pour un raccommodage de vie indigne de sa personne, elle s'y attache maintenant, et, laissant sa mère s'égarer dans le dédale de ses élucubrations, elle s'acharne autour du mot terrible et le tient comme un étendard. Irma, qui a des instants lucides, l'interrompt alors :
— Tu ne penses pas ce que tu dis, Micheline.
Puis, elle qui, par sa légèreté, n'avait de principe sur rien, elle en arrivait aux principes :
— Tu ne peux pas divorcer.
Source : Gallica

Étienne Bricon Psychologie d'art : les maîtres de la fin du XIXe siècle… (1900)

Un sentiment domine l'œuvre de M. Roll, est l'âme de son travail incessant, sert d'unité unique à la multiple diversité de ses recherches : l'amour de la vie. Le peintre a représenté des bois, des rivières et des champs, des femmes, des hommes, des foules; tout l'a tenté, le Portrait, le nu, les animaux, la nature, le peuple; et Parce qu'il aime tout ce qui vit, il a peint la joie et il a peint la souffrance. Assurément, c'est pour la vaillance et pour la jeunesse, c'est pour la beauté que son amour d'abord éclate ; il se complaît à la force et aux grâces de la vie triomphante.
Source : Gallica

Étienne Bricon Micheline Quinette (1913)

Micheline s'éveille. Les yeux encore mal ouverts, elle s'hallucine un instant, elle a presque peur : il lui semble que là, dans un fauteuil, quelqu'un est assis, installé chez elle. Dans sa chambre bleu sombre, du bleu tourmentant des ciels trop lointains, par cette matinée de neige où des ilocons blancs, tels de petits follets, dansent innombrables derrière la vitre, dans sa chambre bleu sombre il n'y a qu'elle et son rève. Elle a eu un sommeil dur et elle ne garde aucun souvenir de la nuit : rien ne la sépare de cette soirée d'hier où quelqu'un tout à coup s'est mis en travers de sa vie.
Source : Gallica

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