Étienne Bricon

Résumé

Étienne Bricon Micheline Quinette (1913)

Contredite, irritée, Micheline s'emporte, et, venue rue de Courcelles sans songer au divorce qu'elle méprise, qu'elle tient pour un raccommodage de vie indigne de sa personne, elle s'y attache maintenant, et, laissant sa mère s'égarer dans le dédale de ses élucubrations, elle s'acharne autour du mot terrible et le tient comme un étendard. Irma, qui a des instants lucides, l'interrompt alors :
— Tu ne penses pas ce que tu dis, Micheline.
Puis, elle qui, par sa légèreté, n'avait de principe sur rien, elle en arrivait aux principes :
— Tu ne peux pas divorcer.
Source : Gallica

Étienne Bricon Micheline Quinette (1913)

Avec cela, une médiocrité de fortune qui semble à Micheline un peu pitoyable : la pauvreté des gens qui attendent l'omnibus.
Ainsi pense-t-elle en son cerveau de vingt-deux ans, surmené de rêves et d'audaces. Et, à la vérité, ce n'est pas le mariage de Gillette, c'est le mariage lui-même qui l'intéresse à un tel point, c'est l'amour où elle attend d'être prise. Non, l'amour n'est pas une idylle sur le bord d'une fontaine ou le rebord d'une cheminée; il n'est pas l'oreiller agréable où se repose une tendresse bourgeoise avec sécurité.
Source : Gallica

Étienne Bricon Micheline Quinette (1913)

Les premières notes du piano tout de suite se dégagent de la terre : alors le violon vient à lui dans cette sérénité splendide, qui, déjà libérée du mal, se dépouille de toutes les choses inutiles. Puis Micheline continue, et, arrêté devant elle, Julien l'écoute, comme s'il allait en oublier sa partie; mais non, le violon a repris, et voilà que leurs âmes concertent. Et le calme aux grandes douceurs s'avive en une allégresse qui s'anime, mais point ne s'agite, — l'exultante joie d'avoir débarrassé la vie des faussetés et des trivialités qui l'étouffaient.
Source : Gallica

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