“ Parmi ces derniers se trouvait M. le comte Alfred de Cernay ; un de mes amis de Londres, qui le connaissait parfaitement, m’avait donné pour lui des lettres, et sur lui des renseignements très-dignes de créance, et dont je reconnus moi-même toute l’exactitude. Je les rapporte ici parce que, sans être un homme éminemment distingué, M. de Cernay était le type d’un homme à la mode dans la plus large et la plus vulgaire acception de ces mots ; or l’homme à la mode de nos jours a une physionomie toute particulière. ”
Cernay
Définition et enjeux
Citations sur “Cernay”
Aimée Roger de Beauvoir, Confidences de Mlle Mars (Nouvelle édition… (1862)
“ Les conversations de la jeune fille et du duc avaient pour éléments l'art et la science. Quoique le coeur de mademoiselle de Clairvaux appartint tout entier au vicomte de Cernay, elle éprouvait une secrète satisfaction d'esprit à voyager dans le domaine du génie, suspendue, pour ainsi dire, au bras de l'homme le plus éclairé de son siècle. Les jours, les semaines, les mois, s'écoulaient au milieu de cette vie intellectuelle, toute peuplée de poésie. Georges de Cernay écrivait à Louise des lettres pleines d'effusion et d'amour ”
“ Je regardai M. de Cernay avec étonnement, et, pendant que lord Falmouth était sorti pour donner quelques ordres, je demandai au comte si véritablement lord Falmouth partait pour Londres. — Il part réellement, me dit M. de Cernay. Il lui prend souvent ainsi la fantaisie de parler sur une question politique qui lui plaît et qu’il traite toujours avec une incontestable supériorité ; mais il déteste si fort Londres et l’Angleterre qu’il descend de voiture à Westminster, siège, parle, remonte en voiture, et revient ici. ”
“ Voulez-vous rester prendre le thé avec moi, — me dit donc M. de Cernay ; — sans compter mon renégat, vous verrez un des hommes les plus excentriques et les plus spirituels que je sache, un des hommes les plus sots et les plus ridicules que je connaisse : le premier est lord Falmouth, le second est M. du Pluvier. ”
Aimée Roger de Beauvoir, Confidences de Mlle Mars (Nouvelle édition… (1871)
“ Le bonhomme Cernay n'en eût pas cru ses oreilles. A l'heure du jeu, M. de Clairvaux ne contenait plus sa douleur. Sa fille eut pitié de son état et lui offrit de passer quelques mois dans sa terre de Fremont pour y fuir le souvenir du comte de Cernay ; le marquis y consentit. Peut-être avait-il déjà jeté les yeux sur le docteur Pietro comme devant succéder au vertueux Cernay; mais le docteur Bambini éprouvait un désir irrésistible de retourner à Florence. ”
“ Nous sortîmes. — Le mirobolifique attelage de M. du Pluvier avança le premier, et le petit homme s’y précipita triomphalement en manquant le marche-pied. Il me semblait remarquer depuis quelques minutes sur le visage de M. de Cernay une sorte de curiosité sans doute causée par son désir de voir si j’étais digne (par mes chevaux du moins) de graviter autour de sa brillante planète. Quand mon cabriolet avança, M. de Cernay y jeta un coup d’œil de connaisseur ; tout cela était fort simple, fort peu voyant, le harnais tout noir ”
Nestor Paturot, Le Salon de 1874 (1874)
“ Bas-Meudon par une lumineuse matinée de printemps, ou bien dans son pendant, un splendide coucher de soleil à Cernay. Il y a dans la première de ces toiles une saulée merveilleusement abritée, où je me mets à pêcher d'imagination et où je vois à chaque instant le petit bouchon de ma ligne dansoter, puis s'enfoncer d'un coup sec et précis qui m'annonce la présence d'un goujon au bout de mon hameçon. Si je suis accablé par la chaleur, il me semble que je sens, en cet endroit une fraîcheur qui me calme et me repose. ”
Alexandre de Lamothe,
Le taureau des Vosges
(1872)
“ Grâce au chemin de fer qui mettait pour ainsi dire Cernay dans la banlieue de Mulhouse, les Wurtemburgeois, le lendemain même du départ des francs-tireurs, avaient pillé cette ville pour venger soidisant les uhlans surpris à Luthenbach et brûlé plusieurs villages ; des Prussiens y étaient revenus plus tard : on comprend que le fameux piano indiqué au colonel avait disparu depuis longtemps quand à son tour il fit son entrée à Cernay. Lui aussi éprouva la vérité du proverbe allemand : Aux premiers les mains pleines, aux derniers des os à ronger. ”
Adolphe Joanne,
Les environs de Paris illustrés…
(1878)
“ Cernay, comme Barbison et Marlotte à Fontainebleau, est un lieu de rendezvous pour les peintres et les paysagistes, qui viennent y chercher les modèles d'arbres et les motifs de paysage que leur offre la vallée des Vaux, à laquelle Cernay est rattaché par un chemin s'embranchant à la hauteur du grand moulin, sur la route de voitures de l'abbaye des Vaux-deCernay. ”
Paul Ginisty,
Paris à la loupe
(1883)
“ Le rival de Léopold, le patron de l'auberge qui porte pour enseigne : Aux ateliers des paysagistes, la regarde d'un air d'envie. Quand le soir fut tout à fait venu, quand tous les bruits se furent éteints, — car à Cernay les peintres se couchent de bonne heure, — nous allâmes à travers la campagne, jusqu'aux Vaux de Cernay, en descendant la côte, jusqu'à l'ancienne abbaye enclavée aujourd'hui dans la propriété des Rothschild, et je vous jure que l'idée ne me venait point alors de les envier, ces puissants de la terre ! ”
“ Il y avait, je le répète, dans tout ce que me disait M. de Cernay, un si singulier mélange de vraisemblance et d’étrangeté que je ne pouvais me résoudre à le croire ou à ne pas le croire. — Il faut, lui dis-je, que vous m’affirmiez aussi sérieusement tout ce que vous venez de me dire là pour que je regarde madame de Pënàfiel comme étant du monde... mais qui voit-elle donc ? — La meilleure et la plus haute compagnie en hommes et en femmes, car elle a une des plus excellentes maisons de Paris, une fortune énorme, et elle reçoit d’une façon vraiment royale ”
“ Cinq ou six jours après cette soirée où j’avais vu madame de Pënâfiel à l’Opéra, M. de Cernay entra chez moi un matin de l’air du monde le plus rayonnant. — Eh bien, — me dit-il, — elle est partie ! Elle a quitté Paris hier ! au cœur de l’hiver : cela vous parait singulier, n’est-ce pas ? Mais il n’en pouvait être autrement ; le scandale avait aussi semblé trop prodigieux. Le monde a des lois qu’on ne brave pas impunément. — Comment cela ? — lui dis-je. — Pourquoi madame de Pënâfiel a-t-elle ainsi quitté Paris ? ”
Aimée Roger de Beauvoir, Confidences de Mlle Mars (Nouvelle édition… (1871)
“ Vous chercherez le vicomte Georges de Cernay. Il est encore à Fribourg. Lorsque vous l'aurez trouvé, vous lui direz que la duchesse Sierra, ou plutôt Louise de Clairvaux, est toujours digne de son amour ; qu'elle a été la plus fidèle des amantes 1 Georges de Cernay est un noble jeune homme. Il l'a aimée. il l'aime encore. Je veux que Louise soit sa femme. sa femme, entendez-vous? Est-ce à l'heure de la mort qu'on est jaloux? Non, Pietro, ce sentiment est fait pour les vivants. D'ailleurs, ai-je le droit d'être jaloux, moi qui ne suis pas le mari de la duchesse ? ”
Eugénie Foa,
Le petit poète
(1860)
“ Charles de Cernay, fils de l'un des plus honorables négociants de Paris, et Jacques Duval, fils d'un riche fermier de la Beauce, venaient de se faire leurs adieux, et, tandis que l'un retournait paisiblement à sa charrue, l'au- tre montait dans l'élégante voiture qui devait le ramener chez son père. L'organisation délicate de Charles avait obligé M. de Cernay à le laisser à la campagne jusqu'à l'âge de douze ans, et c'est seulement quand la vie libre et l'air pur des champs lui eurent rendu des forces et de la santé qu'il avait pu le rappeler auprès de lui. ”
“ Quelquefois je ne pouvais m’empêcher de sourire en voyant l’obséquiosité dont j’étais entouré, car je continuais, pour ainsi dire par désœuvrement, mon travail chez M. de Serigny. Cernay, que je rencontrais quelquefois, cachait surtout son envie sous les dehors de l’admiration la plus hyperbolique. — Vous êtes un habile homme, me disait-il, il vous faut, et vous aurez tous les genres de succès. Vous voici maintenant homme d’État, vous voici dans l’intimité des ministres et des ambassadeurs. Le roi vous distingue fort ; on compte avec vous ”
“ On s’interrogeait pour savoir si du moins l’énormité du pari pouvait jusqu’à un certain point faire comprendre une aussi folle intrépidité ; mais il était de deux cents louis seulement. Enfin, après de nouvelles et vagues conjectures, plusieurs spectateurs, au fait des bruits du monde, arrivèrent, soit d’après leurs propres réflexions, soit qu’ils fussent mis sur la voie par quelques mots de M. de Cernay, arrivèrent, dis-je, à interpréter ce défi meurtrier ainsi que le comte l’avait déjà fait. ”
Eugène Sue,
Arthur
(1838)
“ Au milieu de ce. bonheur, j'appris par M. de Cernay le retour de madame de Pënâfiel. Pour gagner son pari, le comte, à son insu, me servit à merveille, soit que madame de Pënâfiel m'eût entendu la défendre, soit qu'elle ne m'eût pas entendu. Ainsi, dès qu'elle fut arrivée à Paris, chaque fois qu'il la vit, M. de Cernay s'exclama sur cette singularité de ma part, de n'avoir pas cherché à me faire présenter chez elle ”
Aimée Roger de Beauvoir, Confidences de Mlle Mars (Nouvelle édition… (1871)
“ Le marquis de Clairvaux et le comte de Cernay avaient suivi la même ligne de conduite durant les événements de l'ère révolutionnaire ; partageant les mêmes inquiétudes, redoutant les mêmes malheurs, vivant au milieu de Paris comme en plein exil, et comptant ensemble les morts aimés que l'échafaud enlevait chaque jour à leur cœur, ils avaient réuni leurs deux existences; et, appuyés sur une vieille amitié, ils se sentirent plus forts contre le présent et plus confiants dans l'avenir. ”
Louis Morize, Étude archéologique sur l'abbaye de Notre-Dame des Vaux de Cernay… (1889)
“ XLVIII. — Le dernier abbé des Vaux de Cernay, LOUIS-CHARLES DUPLESSIS D'ARGENTRÉ, évêque de Limoges depuis l'année 1759, émigra pendant la Révolution et mourut à Munster en 1807. Parle décret du 19 et du 20 janvier 1790 l'Assemblée nationale avait accordé aux religieux la faculté de continuer la vie monastique et avait alloué une pension à ceux qui préféreraient rentrer dans le monde. Il y avait alors aux Vaux de Cernay douze religieux, tous prêtres et originaires pour la plupart de la Flandre ; le prieur était Bernard de Carville. Ils quittèrent l'abbaye le 19 janvier 1791. ”
Aimée Roger de Beauvoir, Confidences de Mlle Mars (Nouvelle édition… (1871)
“ Le duc et la marquise apparaissaient tout à coup. Elle entendait les paroles passionnées de la Vénitienne, les touchants aveux de M. Sierra, et, revenant vers le passé, elle se rappelait la prière que lui avait adressée le duc à l'heure du départ : « Si un jour votre amour faiblissait, si le vicomte de Cernay perdait le prestige dont votre cœur l'entoure ; si vous vous reconnaissiez libre de choisir une autre affection, au nom de ce que j'ai souffert et de ce qui me reste à souffrir, je vous prie, Louise, de vous souvenir de moi et de me tendre la main. J'attendrai. » ”
“ Je suis allé un instant à l’Opéra ; il était fort brillant. — J’ai trouvé M. de Cernay dans notre loge. Ce qu’il appelle mon bonheur continue toujours de lui être insupportable ; car il ne cesse de me dire combien il est enchanté de la voir si sérieusement attachée ; il fallait que cela finit ainsi un jour ou l’autre, a-t-il ajouté. D’ailleurs elle devait enfin se lasser d’une existence si agitée. Son goût pour Ismaèl n’avait été qu’une folie ; son penchant pour M. de Merteuil un caprice ”
Louis Morize, Étude archéologique sur l'abbaye de Notre-Dame des Vaux de Cernay… (1889)
“ Outre sa châtellenie il possédait le fief de Blaru près Vernon, la terre de l'Etang près Marly et plus au sud, au-delà de la châtellenie de Maurepas, le fief de Cernay, dot de sa femme Ève. Le cartulaire des Vaux de Cernay donne de nombreux détails sur sa postérité qui s'éteignit au milieu du xme siècle. Quant aux motifs qui portèrent Simon de Neaufle à fonder un monastère et à le confier à des moines de Savigny, on ne peut que conjecturer qu'il était lié par le sang ou par l'amitié à Artaud, chargé par l'abbé Vital de diriger le nouvel établissement. ”
Eugène Sue,
Arthur
(1838)
“ Quand M. de Cernay fut sorti, j'éprouvai une sorte de regret d'avoir repoussé ainsi ses avances amicales, Mais ce qu'il m'avait dit de puissance d'attraction me paraissant un mensonge suprêmement ridicule, me mit en défiance avec lui ; puis l'espèce de haine acharnée avec laquelle il me semblait pour- suivre madame de Pënâfiel, me donnait une pauvre idée de la sûreté de ses relations. ”
Adolphe Joanne,
De Paris à Sceaux et à Orsay
(1857)
“ A dix minutes au sud-est, est le village de Cernay-la-Ville (849 hab.) , qu'on ne voit pas. Il faut continuer à suivre la rive gauche du ruisseau. On domine un grand étang, on traverse des bois charmants à la base de coteaux tantôt boisés, tantôt couverts de rochers et de bruyères, et, 30 minutes après avoir quitté le grand moulin, on arrive aux Vaux-de-Cernay. ”
A Cerf, La guerre aux frontières du Jura… (1930)
“ Les groupes alpins quitteront Cernay à quatre heures. La 66e D. R. franchira ses avant-postes à cinq heures. La 44e D. franchira ses avant-postes à cinq heures. Les têtes de colonnes de la 63e D. atteindront la route Cernay-Dannemarie à dix heures. Dès que les positions seront atteintes, elles seront solidement mises en état de défense dans les mêmes conditions que les jours précédents ; les troupes traverseront Mulhouse pour se porter, soit sur les emplacements de combat, soit sur les points de rassemblements des réserves, de manière à être toujours prêtes à combattre. ”
Louis Morize, Étude archéologique sur l'abbaye de Notre-Dame des Vaux de Cernay… (1889)
“ Il y avait alors aux Vaux de Cernay vingtdeux religieux auxquels le nouvel abbé assigna une faible somme pour leur entretien et leur nourriture. Il leur donna pour prieur Robert de Thumery, un de leurs frères et probablement un descendant ou un parent de ce Robert deThiimery qui avait vendu la terre de Dampierre au trésorier Jean Duvalvers 1528. Le cardinal fit dresser un inventaire des chartes relatives aux Vaux de Cernay; mais lui et les siens vexèrent les religieux de toute manière. ”
Aimée Roger de Beauvoir, Confidences de Mlle Mars (Nouvelle édition… (1871)
“ Louise de Clairvaux contemplait avec une sorte de ravissement le visage de Georges de Cernay. Une petite table sé- parait les deux jeunes gens sans empêcher leurs mains de s'unir avec tendresse. L'amitié du marquis et du comte établissait cette familiarité. Habitués à se voir sans cesse, Louise regardait Georges comme un frère; mais ce frère avait le droit de parler d'amour. ”
“ C’est pourtant pour gueuser des diners à l’hôtel de Pënàfiel qu’il va faire mille platitudes au près d’une femme dont il dit pis que pendre. — Il est de ses amis ? demandai-je à M. de Cernay. — Il est de ses dîners... voilà tout ; car c’est bien la plus mauvaise langue qui existe au monde, perfide comme un serpent, ne ménageant personne. Mais quel dommage, n’est-ce pas, reprit le comte, que madame de Pënàfiel, avec tant de charmes, une si jolie figure, beaucoup d’esprit, trop d’esprit, une fortune énorme, se fasse aussi généralement détester ?... Mais avouez que quand on ose tout... ”
Les Chroniques des Pays de Rémollée et de Thor… (1869)
“ Il y a environ trente ans que le château de Cernay a été démoli : le chemin de fer du Nord passe maintenant sur l'emplacement de l'ancien édifice. Des dépendances coquettement arrangées, on a fait un petit castel qui porte le nom de Cernay et qui profite des beaux ombrages de l'ancien parc seigneurial. Au moyen âge, entre le village et l'église, s'était petit à petit fondé un village, mais qui était bien loin d'avoir l'importance du bourg moderne d'Ermont. Ermont est un riche et gai pays, bien propre et tout neuf ”
Louis Morize, Étude archéologique sur l'abbaye de Notre-Dame des Vaux de Cernay… (1889)
“ On ne s'étonnera pas de ces difficultés et de ces lenteurs en se rendant compte par les planches de M. Morize de l'importance des constructions de l'abbaye des Vaux de Cernay qui n'était pourtant pas de première grandeur. Trois choses étaient indispensables pour la fondation d'un monastère: une colonie de moines zélés et dévoués, un terrain disponible et le concours des populations. Les abbayes les plus considérables, si elles laissaient leur ferveur monastique s'éteindre dans l'aisance d'une vie facile, n'étaient plus capables de fonder des colonies. ”
