Pierre Bouchardon

Élements biographiques

Pierre Bouchardon Hélène Jégado, l'empoisonneuse bretonne (1937)

Mais la cuisinière tient entre ses mains la vie de tous. Elle n'a qu'à vouloir pour qu'on meure. Une pincée de poudre insipide dans les potions qu'ordonnent les médecins ou dans la soupe aux herbes, et telle jeune fille, débordante de santé, se tordra bientôt dans les convulsions de l'agonie. Et, sacrilège abominable, la mourante verra se pencher sur sa couche une créature hideuse, qui, approchant le crucifix de ses lèvres, lui marmottera : « Embrasse le bon Dieu, ma petite! Voici ton
Sauveur! Il a souffert le martyre; il est mort pour toi sur la croix. Recommande ton âme à lui. »
Source : Gallica

Pierre Bouchardon Le crime de Vouziers (1931)

Un étranger n'a pas pu, sur cette place publique, bravant tous les périls, ouvrant la persienne qu'un cordon retenait, passer sa main impatiente par l'étroite ouverture du carreau. Il n'a pas pu commettre tranquillement ce désordre qu'on pouvait voir du dehors, qu'on devait entendre du dedans. Un étranger n'aurait pas tué madame Benoît endormie. Sans lumière dans ce cabinet noir, un étranger ne l'aurait pas frappée d'une main si ferme, d'un coup si habile et si sûr. Ce n'est donc point un étranger.
Source : Gallica

Pierre Bouchardon Souvenirs (1953)

Bolo Pacha m'apparut grand, blond, et mince moustache longue et soyeuse, œil câlin, voix prenante, intarissable faconde, art du boniment, toutes les allures d'un félin et d'un bluffeur. Rien ne semblait désormais le surprendre ou le choquer : ni la perquisition de Nice, ni celle de Paris, ni son retour précipité, ni l'inculpation d'intelligences avec l'ennemi que je venais de lui notifier. Les meubles étaient grands ouverts; ses papiers, ses titres jonchaient le parquet, en vrac. Nous marchions littéralement sur sa fortune,
et il avait le sourire.
Source : Gallica

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