“ Lorsque la famille de Joseph fut arrivée, il alla recevoir son père et sa mère, et leur dit : Entrez en Égypte. Fasse le ciel que vous y passiez des jours tranquilles ! Il fit asseoir son père et sa mère sur un trône, et tous s’étant prosternés pour l’adorer ; voilà dit-il à Jacob l’interprétation de ma vision. Le ciel l’a accomplie. Il m’a comblé de ses faveurs. Il m’a délivré de la prison. Il vous a tirés du désert pour vous conduire ici, après que Satan a eu mis la désunion entre moi et mes frères. Le Seigneur vient facilement à bout de ses desseins, il est savant et sage. ”
Joseph Vacher
Définition et enjeux
Citations sur “Joseph Vacher”
Flavius Josèphe,
Œuvres complètes
“ Lorsqu’à l’arrivée de ses enfants, Jacob apprend l’histoire de Joseph, comment non seulement il a échappé à la mort, lui qu’il passait sa vie à pleurer, mais qu’il vivait avec une éclatante fortune, partageant avec le roi le gouvernement de l’Egypte et en ayant en mains presque toute la surveillance, aucune de ces nouvelles ne lui parait invraisemblable, quand il songe à la grande puissance de Dieu et à sa bienveillance envers lui, encore qu’elle eût éprouvé une interruption, et il s’empresse aussitôt d’aller retrouver Joseph. ”
Flavius Josèphe,
Œuvres complètes
“ Joseph, que Jacob avait eu de Rachel, était celui de tous ses enfants qu’il chérissait le plus, tant pour sa beauté physique que pour les qualités de son âme, car il avait une sagesse exceptionnelle. Il s’attira la jalousie et la haine de ses frères par cette affection que son père lui vouait, ainsi que par des songes qui lui promettaient la fortune et qu’il allait raconter à son père ainsi qu’à eux : car les hommes sont jaloux des prospérités même de leurs plus proches parents. Or, voici ce que Joseph vit en songe. ”
Honoré de Balzac,
Oeuvres de H. de Balzac. Tome 3
(1852)
“ Sur cette nouvelle, Jacques enfourcha un de ses chevaux, il accourut à bride abattue à sa chaumière, et, faisant monter sur-le-champ le vicaire sur un autre cheval, il lui raconta, en revenant vers le château, le nouveau dessein du matelot. Joseph embrassa Cachel pour son dévouement, et il se mit à réfléchir sur ce qu'il y avait à faire dans une semblable conjoncture. Or, on sait que, si l'amour ne tient pas un flambeau toujours allumé pour lui, car il est aveugle, il le tient pour éclairer les amants: aussi le vicaire eut-il bien vite formé son plan de défense. ”
George Sand,
Les Maîtres sonneurs
(1853)
“ Joseph était toujours à la métairie de l’Aulnières, à une demi-lieue de chez Brulet et moitié demi-lieue de chez moi. Il avait passé laboureur, et sans être beau garçon, il pouvait le paraître aux yeux qui ne répugnent point aux figures tristes. Il avait la mine jaune et maigre, et ses cheveux bruns, qui lui tombaient à plat sur le front et au long des joues, le rendaient encore plus chétif dans son apparence. Il n’était cependant ni mal fait, ni mal gracieux de son corps, et je trouvais, dans sa mâchoire sèchement coudée, quelque chose que j’ai toujours observé être contraire à la faiblesse. ”
G. Valbert,
Revue des Deux Mondes
“ « Ah ! l’animal, s’écria le président, il croit que je m’en souviens. » Partageant sa vie entre l’église Saint-Dominique, le palais et son intérieur, le formidable magistrat était pour tous les siens une loi vivante, il personnifiait comme un vieux Romain la patria potestas, et Joseph fut élevé, selon sa propre expression, « dans toute la sévérité antique. » On pourrait croire qu’un jeune homme qui se sentait dans les veines « du soufre de Provence » tenta plus d’une fois de secouer le joug. ”
Charles Vayre, Brune ou blonde ? (1952)
“ Joseph-Charles marchait d'un bon pas, s'éloignant de plus en plus de la rue Pertinax. « Que le diable emporte cet animal ! pensait-il... Si je l'ai toujours sur mes talons, il me sera impossible de joindre Renée et de la prévenir. Heureusement que je ne suis pas tombé de la dernière pluie et que j'ai plus d'un tour dans mon sac... Qui vivra verra. « Pour le moment, rien à faire pour le dépister. « Je parie qu'il est sur mes talons. » Il tourna la tête, ne vit pas Jordan. ”
Flavius Josèphe,
Œuvres complètes
“ Renchérissant sur leur jalousie, la divinité envoya à Joseph une seconde vision bien plus merveilleuse que la précédente : il crut voir le soleil, accompagné de la lune et des autres astres, descendre sur la terre et se prosterner devant lui. Cette vision, il la révéla à son père en présence de ses frères, sans soupçonner aucune méchanceté de leur part, et lui demanda de lui expliquer ce qu’elle voulait dire. Jacob se réjouit de ce songe ”
Felix Lope de Vega, Théâtre de Lope de Vega
“ Un soir, comme il menait boire son troupeau dans la vallée de Mambré, une bête féroce l’a dévoré. Joseph. Non, non, ce sont là de vos inventions ; vous êtes des espions. Vous veniez observer les murs, les portes de Memphis. Issacar. Seigneur, nous vous avons dit la vérité. Joseph. Par la vie du roi, traîtres, vous allez être enfermés en prison, et vous y resterez jusqu’à ce que vienne votre frère, celui que vous dites qui est demeuré là-bas et console votre père. Vous l’enverrez chercher par celui d’entre vous qui est le plus diligent. Les autres attendront son arrivée. ”
Comtesse de Ségur,
La Bible d’une grand’mère
“ « Ne le tuez pas, ne répandez pas son sang ; contentez-vous de le jeter dans cette citerne ; personne ne peut venir à son secours dans ce désert ; ainsi, vous vous en débarrasserez tout de même, et du moins vous n’aurez pas versé le sang de votre frère. » Aussitôt donc que Joseph fut arrivé près de ses frères, ils se saisirent de lui, lui arrachèrent sa belle robe de plusieurs couleurs, et, malgré ses cris, ses supplications et ses larmes, ils le jetèrent dans la citerne pour qu’il y mourût de faim. ”
Felix Lope de Vega, Théâtre de Lope de Vega
“ Lida. Un moment !... Éloigne-toi, je te prie. Voici venir mon seigneur Jacob. Bato. Oh ! bien fou est celui qui peut se fier aux femmes ! Entrent JACOB, vieillard vénérable, RUBEN et ISSACAR, vêtus à la manière des Hébreux.Jacob. Gardez vos consolations. Il n’en est point pour moi. Mes yeux doivent toujours pleurer une telle disgrâce, et depuis que j’ai perdu mon bien et ma joie, il n’y a plus de repos pour ma vieillesse. Tant que je vivrai, la déplorable histoire de Joseph sera présente à ma pensée. Tant que je vivrai, mes larmes et ma voix ne cesseront de rappeler mon malheur. ”
Sophie de Ségur,
Bible d'une grand'mère, par Mme la Ctesse de Ségur…
(1878)
“ Un jour pourtant Jacob, voulant adoucir l'humeur de ses fils, dit à Joseph : « Tes frères sont allés depuis plusieurs jours faire paître les troupeaux dans le pays de Sichem ; va les voir, mon fils, demande de leurs nouvelles et vois s'ils ont besoin de quelque chose ; tu viendras me le dire.. — Je suis prêt à vous obéir, mon père, » répondit Joseph. Et il partit sur-le-champ, PETIT-LOUIS. Ce pauvre Joseph ! Je parie que ses méchants frères vont le battre horriblement. GRAND'MÈRE. Ils ont fait bien pis que le battre. ”
Flavius Josèphe,
Œuvres complètes
“ Jacob avait montré beaucoup de sagacité dans l’interprétation de cette vision ; quant aux frères de Joseph, ces prédictions les chagrinèrent fort ; à leurs sentiments, on eût dit que c’était un étranger qui allait profiter des bienfaits annoncés par les songes et non pas un frère ; c’étaient cependant des biens dont il était naturel qu’ils partageassent la jouissance, puisqu’ils allaient être unis à la fois par les liens de la naissance et de la prospérité. ”
Alfred de Montvaillant, Poètes bibliques : poésie des patriarches… (1900)
“ Leur âme est étrangère à la haine et à la vengeance. Jacob n'a que des sentiments d'amour pour Esaü, Joseph cherche à adoucir les regrets de ses frères qui l'ont vendu : maintenant donc, leur dit-il, ce n'est pas vous qui m'avez envoyé ici, mais c'est Dieu. Et il répond à l'atrocité de leur conduite en les comblant de présents. Il est prêt à subir toutes les rigueurs du sort plutôt que de manquer à son devoir. ”
Charles Vayre, Brune ou blonde ? (1952)
“ Ces pensées formulées à mi-voix, Joseph-Charles fit honneur au repas, qu'il fit durer le plus possible dans l'espoir de voir arriver Pierre de Blain. Espoir vain. Le café pris, puis les liqueurs, Joseph-Charles dut se résoudre à quitter enfin la salle à manger, où ne restaient plus que deux clients : Jordan et lui. Il se donna le malin plaisir de passer près de son ennemi et, l'ayant salué aimablement, de lui demander si l'apéritif ne lui avait pas coupé l'appétit. — Non ! dit sèchement Jordan. ”
“ Lorsque la caravane partit d’Égypte, Jacob dit à ceux qui l’environnaient : Je sens l’odeur de Joseph, et ne croyez pas que je sois en délire. Vous voilà encore, lui répondirent-ils, dans votre ancienne erreur. Celui qui apportait l’heureuse nouvelle, étant arrivé, jeta le manteau sur la tête du vieillard, et il recouvra la vue. ”
Felix Lope de Vega, Théâtre de Lope de Vega
“ Le roi Pharaon nous a donné tant d’or et d’argent que nos éléphants et nos chameaux fléchissent sous la charge qu’ils portent. Jacob. Puisque mon fils Joseph est vivant, moi, mes fils, je puis mourir. Ruben. Seigneur, il te fait appeler afin que tu le voies et lui parles, et afin que tu vives avec lui. Car il veut nous donner une vallée que peuplera notre famille. Jacob. Ciel puissant, donne à ton serviteur la force dont il a besoin. Les chagrins ne l’ont point tué, ne permets pas que la joie le tue. Issacar. Joseph s’était perdu au fond de l’Égypte ”
Frédéric Soulié,
Contes et récits de ma grand'mère…
(1866)
“ Il se rapprocha de Joseph, se mit à remuer de manière à le toucher, sans avoir l'air de chercher à l'éveiller : le sommeil de Joseph ajoutait encore à son inquiétude. Si Jacques est à son poste, — pensait-il, — que mon camarade et moi soyons aussi solides au nôtre! Mais Joseph restait toujours insensible, lorsqu'un coup de sifflet, parti de la voiture, fit se dresser nos deux jeunes gens d'un seul bond. — De quoi! — s'écria Joseph, qui avait presque tout oublié dans son sommeil, — où sommes-nous ? que voulez-vous ? ”
Alfred Vacant, Eugène Mangenot, Émile Amann, Dictionnaire de théologie catholique
“ L’ordination devait se faire dans la grande église de Kokè. Synod. orient., p. 543-545, trad., p. 553-555. Pourtant Abâ eut un détestable successeur. Joseph avait vécu longtemps en Occident et y avait appris la médecine : présenté à Khosrau par le marzban de Nisibe qui l’avait pris en amitié, il soigna le monarque et dut à ses succès médicaux d'être le candidat du Roi des rois. Il fut ordonné régulièrement en mai 552, tint à Séleucie en janvier 554 un synode, dont les prescriptions sont remplies de sagesse. ”
Paul-Jérémie Bitaubé, Joseph , par M. Bitaubé,... Nouvelle édition… (1819)
“ Comme si quelque divinité , au sein d'une nuée , descendoit des cieux au secours des mortels , ainsi s'avançoient Jacob et sa famille. Alors volent les coursiers de Joseph : ses yeux voudroient pénétrer à travers le nuage qui lui dérobe les objets les plus chers; son cœur palpite, et le plus léger obstacle irrite son impatience. Mais lorsqu'ayant franchi l'espace qui le séparoit des siens, il entre dans le nuage, et distingue, quoique encore foiblement, son père et son amante, il se précipite de son char, et court à Sélima qui voloit à sa rencontre. ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 octobre 1869
“ Parfois la division éclate malgré l’affection réciproque à propos de quelque grave question politique, telle que le démembrement de la Pologne ou la succession de Bavière, et l’intérêt se double à voir ainsi l’histoire morale se mêler à l’histoire politique. A partir d’aujourd’hui seulement, la vie de Joseph II peut s’écrire. Son dernier biographe, M. A. Jaeger, s’était encore laissé tromper à toute une correspondance publiée sous le nom de ce prince ; l’habile archiviste de Vienne a démontré qu’elle était apocryphe. ”
“ Ces bonnes vaches ne sont pas des animaux bien féroces, et je leur ai fait plus de peur qu'elles ne pouvaient me faire de mal.—Mais, signora, reprit Joseph en baissant la voix, vous venez au milieu de la nuit vous réfugier dans le premier endroit qui se présente. D'autres hommes que moi pouvaient se trouver dans cette étable, quelque Vagabond moins respectueux que votre fidèle et dévoué Beppo, quelque serf grossier!... Si, au lieu de la crèche où vous avez dormi, vous aviez choisi l'autre, et qu'au lieu de moi vous y eussiez éveillé en sursaut quelque soldat ou quelque rustre! ”
Flavius Josèphe,
Œuvres complètes
“ Joseph lui dit qu’ils étaient d’excellents bergers et qu’ils ne s’adonnaient à aucun autre métier qu’à celui-là ; il prenait ainsi ses précautions pour qu’on ne les séparât point et que, se trouvant réunis ensemble, ils prissent soin de leur père ; de plus, ils se feraient bien voir des Égyptiens en ne se livrant à aucun des travaux de ceux-ci ; car il était défendu aux Égyptiens de s’occuper des pâturages. 6. Quand Jacob fut arrivé auprès du roi, qu’il l’eut salué et qu’il eut exprimé ses vœux pour son règne, Pharaôthès lui demanda combien de temps il avait déjà vécu. ”
George Sand,
André
(1835)
“ Joseph ! Joseph ! s'écria-t-elle avec effusion, en se rapprochant de lui, sauvez-le, et laissez-moi mourir d'inquiétude. — Ma chère demoiselle, reprit Joseph, tranquillisez-vous ; le mal n'est peut-être pas si grand que vous croyez. – Je ne me tranquilliserai pas ; j'attendrai, je souffrirai, je prierai Dieu. Allez vite... Attendez, Joseph, ajouta-t-elle, en posant sa petite main sur la main rude du cavalier ; s'il meurt, parlez-lui de moi, faites-lui entendre mon nom ; dites-lui que je ne lui survivrai pas d'un jour. Geneviève fondit en larmes ; les yeux de Joseph s'humectèrent malgré lui. ”
“ Elles se coupaient les doigts par distraction, et s’écriaient : O Dieu ! ce n’est pas un homme, c’est un ange adorable. Voilà, leur dit l’épouse du seigneur, celui qui m’a rendue coupable à vos yeux. C’est lui qui m’a fait naître des désirs. Jusqu’à présent il y a été insensible ; mais s’il n’écoute ma passion, je le ferai renfermer dans une prison, et il sera misérable. Grand Dieu ! s’écria Joseph : La prison est préférable au crime ; mais si tu ne me délivres des poursuites de ces femmes, je succomberai, et je serai au nombre des insensés. Le ciel exauça ses vœux. ”
Paul Du Breil de Pontbriand, Vertu de nos pères (2e éd.) (1913)
“ Joseph-Victor était un homme, éminemment bon et vertueux, digne d'être proposé en exemple à tous les siens, d'autant plus que ses mérites étaient d'un ordre qui n'a rien d'inaccessible au plus grand nombre. ”
Victor Adam,
Les enfants de la mère Gigogne
(1838)
“ On le vit au premier rang des grenadiers dans les batailles d'Austerlitz et de Wagram. Dans toutes les affaires où il se trouva il ne manqua pas de se signaler. Aimé de ses camarades et de ses chefs, le bon Joseph, né pauvre, avait toujours conservé pour le pauvre des sentiments de bienfaisance et d'équité : c'était le soutien, le protecteur des malheureux ; et, dans sa compagnie, on le connaissait si bien que chacun s'empressait à lui rendre service. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ Ce n’est pas la peine de raconter ici comment Joseph reçut ses frères, comment il leur pardonna et les enrichit. On trouve dans cette histoire tout ce qui constitue un poëme épique intéressant : exposition, nœud, reconnaissance, péripétie, et merveilleux ; rien n’est plus marqué au coin du génie oriental. Ce que le bonhomme Jacob, père de Joseph, répondit à Pharaon, doit bien frapper ceux qui savent lire. « Quel âge avez-vous ? lui dit le roi. — J’ai cent trente ans, dit le vieillard, et je n’ai pas eu encore un jour heureux dans ce court pèlerinage. » JUDÉE [31] . ”
T. de Wyzewa, Revue des Deux Mondes
“ Joseph Vance est le fils d’un ouvrier de Londres, ivrogne, mais fort intelligent, et que nous voyons tour à tour devenir riche, puis faire banqueroute et mourir ruiné. Le petit Joseph, un jour, a accompagné son père chez le savant et excellent docteur Thorpe, qui a un fils à peu près du même âge, et deux filles, dont l’une, Lossie, plus âgée de sept ou huit ans, se prend bientôt, pour ce gamin des rues, d’une curiosité mêlée de sympathie ; et l’enfant, tout de suite, en récompense, se met à l’aimer, d’un humble et ardent amour qui désormais ne s’éteindra plus, au profond de son âme. ”
“ Seriez-vous Joseph, s’écrièrent-ils ? Il leur répondit : Je suis Joseph : Voilà mon frère. Dieu vous a regardés d’un œil favorable. Celui qui craint le Seigneur et souffre avec patience, éprouvera qu’il ne laisse point périr la récompense de la vertu. Le Seigneur, lui dirent-ils, t’a élevé au-dessus de nous parce que nous avons péché. Ne craignez de moi aucun reproche, continua Joseph. Dieu vous pardonne. Sa clémence est infinie. Allez, portez ce manteau à mon père [10] ; couvrez-en son visage ; il recouvrera la vue. Amenez ici toute ma famille. ”
