Résumé

Portrait de G. Valbert G. Valbert,  Revue des Deux Mondes

“ La religion n’a rien à démêler avec notre esprit, avec notre pensée ; la religion n’est qu’un rêve, une hallucination du cœur humain ; les dieux qu’il se crée ne sont que l’image vivante non de ce qu’il est, mais de ce qu’il voudrait être, une projection de l’homme dans l’infini, le fantôme de cette félicité chimérique à laquelle nous aspirons, en désespérant d’y atteindre jamais. À cet idéal que l’humanité se fait d’elle-même la religion donne une existence réelle, et quand l’homme adore ses dieux, sans qu’il s’en doute, c’est lui-même qu’il adore. ”
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Portrait de G. Valbert G. Valbert,  Revue des Deux Mondes

“ Les rochers qui m’entouraient, les ombres qu’ils projetaient, les reflets bleuâtres de la neige, le repos sépulcral qui régnait partout agissaient sur mon imagination et sur mon cœur. Pas un souffle de vent, pas un appel d’oiseau, pas un bruit ne se fait entendre, et je me sens troublé, comme oppressé par un cauchemar. Le silence qui m’enveloppe pèse sur moi, il pèse sur la pierre où je suis assis, sur la rivière, sur la crête des collines. C’est autre chose qu’une simple absence de bruit, c’est une force, c’est une puissance, c’est un mystère. ”
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Portrait de G. Valbert G. Valbert,  Revue des Deux Mondes

“ Tout ce qu’il y a de terrible et de sain dans la nature humaine lui fait horreur. Il ne veut plus souffrir, il veut que la souffrance soit abolie ; loin d’aimer la force, il en a peur ; loin de se soumettre aux puissantes volontés, il les regarde comme ses pires ennemies ; il les somme de se sacrifier au bien public, c’est-à-dire à l’intérêt des sots, aux scrupules des âmes viles et à la félicité de la canaille.
C’est le bétail humain qui a fait de la bienfaisance la première des vertus et inventé cette morale de la pitié que Schopenhauer a réduite en code.
”
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