Eugène Forcade

Résumé

Eugène Forcade Revue des Deux Mondes

Les révolutions dans l’histoire sont des interrègnes entre le moment où un peuple cesse de se gouverner et le moment où il ressaisit le gouvernement de lui-même : effrayant intervalle, où tous les élémens contradictoires, ennemis, dissolvans, que l’autorité contenait dans la société, s’entre-choquent et s’entre-détruisent, sans autre médiateur que la force, sans autre règle que le hasard. La révolution, c’est l’abdication de la raison et du libre arbitre humains, et c’est l’invasion et l’empire absolu de la fatalité dans le gouvernement des peuples.
Source : Wikisource

Eugène Forcade Revue des Deux Mondes

Contre un état social et politique qui verse sur un peuple de pareils bienfaits, c’est crime ou folie de faire une révolution ; car faire une révolution, c’est tuer cette industrie qui enrichissait le peuple et lui procurait l’aisance, le loisir, l’instruction ; c’est ruiner l’économie du pauvre et dilapider les caisses d’épargne ; c’est effacer la politesse et l’adoucissement des mœurs, et c’est mettre la jalousie, la haine et la lutte entre les classes à la place de cette communauté d’intérêts qui était la force et l’honneur d’une société prospère.
Source : Wikisource

Eugène Forcade Revue des Deux Mondes

J’entends par le principe d’autorité la force de conservation de règle, de gouvernement, d’unité, sans laquelle les sociétés humaines n’auraient plus de cohésion et tomberaient en poussière ; j’entends par l’esprit révolutionnaire ce débordement d’aspirations, cette furie de désirs, ce déchaînement d’ambitions, ce délire d’orgueil et de liberté qui brisent tous les freins, renversent toutes les limites, et si les bornes même de notre nature n’y mettaient ordre, feraient de la terre, jusqu’à l’anéantissement du dernier homme, le champ de bataille de chacun contre tous et de tous contre chacun.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature