“ Ardent fut le regard qui les suivit lorsqu’elles sortirent de derrière le tronc du cèdre. Est-ce mistress Pryor et Shirley ? Certainement, c’est Shirley. Quelle autre a une taille si flexible, un extérieur si fier, si gracieux ? Et son visage aussi est visible : son attitude nonchalante et pensive, méditative et joyeuse, moqueuse et tendre. Ne craignant pas la rosée, elle n’a point couvert sa tête ; ses boucles sont libres ; elles voilent son cou et caressent son épaule avec leurs anneaux. ”
Shirley
Définition et enjeux
Le roman Shirley, de Charlotte Brontë, explore la figure complexe d’une jeune femme marquée par des contradictions saisissantes, oscillant entre indépendance et vulnérabilité. À travers ses dialogues et ses interactions, l’auteure dépeint un personnage à la fois résilient et introspectif, comme en témoignent ses réflexions sur l’amour ou sa relation avec les autres.
Bien que ce thème ait également été abordé par d’autres auteurs, tels qu’Eugène Forcade, c’est la vision de Brontë qui prévaut, offrant une analyse nuancée de la condition féminine et des tensions sociales de son époque. L’œuvre reste ainsi un miroir des enjeux humains et moraux de son temps.
Citations sur “Shirley”
“ Tandis que l’été se passait ainsi pour Moore, comment s’écoulait-il pour Shirley et Caroline ? Visitons d’abord l’héritière. À qui ressemble-t-elle ? À une fille abandonnée, pâle et se desséchant pour un infidèle amoureux. Demeure-t-elle tout le jour assise et courbée sur quelque tâche sédentaire ? A-t-elle continuellement un livre à la main ou un travail de couture sur son genou, des yeux seulement pour cela, des mots pour rien, et des pensées qu’elle n’exprime pas ? En aucune façon. Shirley est parfaitement bien. Elle n’a perdu ni l’air pensif de sa physionomie ni son nonchalant sourire. ”
“ Shirley les chanta bien : elle en interpréta admirablement le sentiment et la douceur ; elle leur donna de la passion, de la force : sa voix était belle ce soir-là, son expression dramatique : elle impressionna tous ses auditeurs et en charma un. En quittant l’instrument, elle s’approcha du feu et s’assit sur un siège moitié tabouret, moitié coussin : les ladies étaient autour d’elle, aucune n’ouvrait la bouche. Les miss Sympson et les miss Nunnely la regardaient comme d’innocentes poules pourraient regarder une aigrette, un ibis, ou tout autre volatile rare. ”
