Résumé

Portrait de Ernest Denis Ernest Denis La fondation de l'Empire allemand… (1906)

Feuerbach est un des plus remarquables écrivains de l'Allemagne ; sa langue est colorée, sonore, vigoureuse. Au sortir du galimatias de Schelling et de Hegel, quelle joie de se retrouver en pleine lumière! Après les psalmodies nasillardes des vieillards qui se rangeaient effarés sous la houlette de Metternich, son livre éclatait comme la joyeuse fanfare de la diane par une aurore de printemps. La vie n'est pas une épreuve et la terre n'est pas une geôle; l'amour n'est pas un péché et le bonheur n'est pas un crime
Source : Gallica

Portrait de Ernest Denis Ernest Denis La fondation de l'Empire allemand… (1906)

Leurs convoitises, qui ne sont pas celles de l'ensemble du peuple, sont plutôt chez eux un legs du passé qu'un instinct impérieux; elles viennent de la tête, non du coeur, et ne sauraient leur inspirer ni les solutions hardies ni les imprudences héroïques qui forcent la victoire. Plus préoccupés de tomber avec honneur que de faire violence au succès, ils sont des victimes résignées entre les mains de Dieu et de l'Empereur, et leur dévouement est celui de serviteurs timides et passifs, dont la volonté propre s'incline au moindre souffle d'en haut.
Source : Gallica

Portrait de Ernest Denis Ernest Denis La fondation de l'Empire allemand… (1906)

Gomme les héros des légendes primitives, Bismarck joignait à un besoin incessant d'activité et à une redoutable exubérance de force physique le sentiment très vif du néant de notre agitation. Les farces bruyantes, les longues chevauchées et les repas abondants ne lui suflisaient pas ; ses compagnons de cercle s'en doutaient et ils lui en gardaient quelque rancune.
Il nous en apparaît plus grand aujourd'hui. Avec une ironie souveraine, il s'élève au-dessus de son oeuvre et la juge vaine et frivole; les succès qu'il a si furieusement convoités ne lui laissent aux lèvres qu'un goût de cendre.
Source : Gallica

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