Renaissance gothique

Définition et enjeux

Portrait de Auguste Rodin Auguste Rodin Les Cathédrales de France

Longtemps encore, toutefois, dans l’évolution de la Renaissance elle-même et jusqu’en plein XVIIIe siècle, à l’insu de tous, la tradition gothique, survivant à la production gothique, gardera dans l’art une influence profonde. C’est un courant presque insensible, qui s’appauvrit, mais qui ne tarira pas, afin que les générations puissent y revenir un jour, peut-être, élargir son lit, y retrouver l’essence du génie national et les éléments d’une Autre Renaissance.
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Portrait de Jean-Jacques Bourassé Jean-Jacques Bourassé Archéologie chrétienne, ou Précis de l'histoire des monuments religieux du moyen-âge… (1867)

Au siècle de la prétendue renaissance, et qui fut en effet la renaissance de l'idolâtrie païenne dans les lettres et les arts, cette architecture si pure, si gracieuse, si profondément empreinte du génie chrétien, fut dédaigneusement appelée gothique, c'est-à-dire grossière, barbare, sans règle et sans goût.
On l'abandonna pour revenir aux constructions froides et compassées des Grecs et des Romains; on répudia un art national, né sous les auspices de la religion, grandi sous les influences des croyances générales, pour un art étranger à notre foi, à nos mœurs, à notre climat.
Source : Gallica

J. Milsand Revue des Deux Mondes

Le gothique n’est point une pure tradition ecclésiastique, ni un grimoire de symboles énigmatiques ; il n’est point un art à l’usage des chevaliers et de la noblesse : il est un art pour tout le monde et pour toute circonstance, un art d’applications infinies et de renouvellement perpétuel, un art avant tout pratique, de bon usage et domestique. C’est la renaissance qui était un engouement idolâtrique pour un certain type d’aspect et un aveugle effort pour forcer quand même toute construction à s’adapter à cette ordonnance.
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