Résumé

Léon Malo Notre-Dame de Brou : étude sur la décadence de l'art ogival (1865)

Le premier regard jeté sur la façade nous remplit à la fois de surprise, d'incertitude et d'admiration ; rien n'accuse plus clairement l'état d'affaissement où se trouvait l'art ogival lorsque Marguerite d'Autriche résolut de lui demander cette dernière manifestation; c'est une sorte d'accommodement entre le style naissant et le style déchu, souvent aux dépens de l'élégance et du bon goût.
L'architecte a essayé de cacher ce compromis sous un excès d'ornements d'une incroyable délicatesse, sans réussir à autre chose qu'à effacer davantage l'individualité de son œuvre.
Source : Gallica

Léon Malo Notre-Dame de Brou : étude sur la décadence de l'art ogival (1865)

Notre-Dame de Brou a donc pu se permettre toutes les excentricités de formes et toutes les exagérations de
beauté sans que nous ayons songé à lui en faire un reproche ; elle en avait le droit; elle est une exception. Mais une véritable église a d'autres devoirs àremplir, devoirs rigoureux, inévitables, que l'artiste ne saurait négliger sans fausser le caractère de son œuvre ; c'est à l'oubli de ces devoirs que sont dues les vicissitudes sans termes de l'architecture chrétienne.
Aussitôt que l'homme, ébauché à peine, sut mettre une pierre sur l'autre, il éleva un temple.
Source : Gallica

Léon Malo Notre-Dame de Brou : étude sur la décadence de l'art ogival (1860)

C'est que, on a dû le comprendre d'après ce qui précède, l'église de Brou n'est point, comme nos vieilles cathédrales gothiques, l'œuvre sacrée que la foi d'un peuple poursuivait lentement à travers les âges; qui s'élevait péniblement pierre à pierre, sou à sou; dont chaque pouce d'exhaussement rachetait une âme du purgatoire ; où chaque coup de truelle gagnait une place en paradis. Ici un sentiment égoïste et profane, une passion terrestre a tout inspiré, une seule volonté a tout décidé, une seule bourse a tout payé.
Source : Gallica

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