Résumé

Daniel Ramée Histoire générale de l'architecture… (1860-1885)

La science de l'architecte consiste surtout, quant à ce qui concerne la beauté, à donner à son œuvre l'expression qui lui convient : c'est en cela qu'on reconnaît un maître dans l'art. Il faut qu'il conçoive l'esprit que le corps matériel respirera, il doit être bien convaincu que cet esprit ne peut lui être acquis par des emblèmes ni par des inscriptions. C'est ainsi que l'architecte devient poète : son temple devient un hymne, son arc de triomphe une ode, un dithyrambe, son palais pour le chef de l'État une épopée, sa maison de campagne une idylle, son tombeau un havre, un port.
Source : Gallica

Daniel Ramée Histoire générale de l'architecture… (1860-1885)

En contemplant le plus grand nombre des monuments d'architecture de l'époque en question, l'âme n'est point émue, l'imagination n'est point frappée, le goût n'est point satisfait. On tombe constamment sur l'emploi démesuré de l'ordre ionique mal conçu, sur le toscan romain, ordre grossier, ou sur un ordre composite sans noblesse, d'un aspect plat, dénué de grandeur, d'élévation et d'originalité.
L'équerre et la règle ont fait tous les frais de cette architecture muette, vraiment pétrifiée et d'une chauveté surprenante et surtout désagréable.
Source : Gallica

Daniel Ramée Histoire générale de l'architecture… (1860-1885)

C'est ce qui était arrivé au pavillon de Luciennes ; car ce n'est ni la richesse ni un travail délicat qui constituent la beauté, c'est l'art de donner à chaque objet le caractère qui lui convient; ceux qui, par leur nature, exigent la simplicité ou la solidité, offrent un exemple de mauvais goût lorsqu'ils sont chargés de richesse et d'ornements. Mais le luxe et la mode du temps le voulaient ainsi. Le vrai beau est indépendant des modes et du luxe. Aux grandes époques de l'art, les artistes dirigent l'un et l'autre et ne s'y soumettent point.
Source : Gallica

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