Charles Ernest Beulé

Élements biographiques

Portrait de Charles Ernest Beulé Charles Ernest Beulé Causeries sur l'art (1867)

Pour les Grecs, l'art était une passion, une jouissance de toutes les heures, une partie de la vie ; pour les Romains, l'art n'était qu'un instrument, un moyen d'assurer leur empire, une marque de possession, le sceau imprimé sur les pays conquis.
Ceux qui étudient l'histoire de l'art romain doivent donc être convaincus de son originalité et saisir son caractère. Ramener tout à l'unité est une loi tyrannique qui ne flatte que l'ignorance; quand il s'agit des productions de l'esprit humain, prouver leur diversité, c'est créer une richesse, et la science aime à s'enrichir.
Source : Gallica

Portrait de Charles Ernest Beulé Charles Ernest Beulé Éloge de M. Horace Vernet : prononcé dans la séance publique du 3 octobre 1863 (1863)

Il est français par l'originalité et l'improvisation ; français par l'audace, la légèreté, le tact; français par la clarté et le bon sens ; français par l'allure brillante, belliqueuse, un peu brusque, avec une teinte de sensibilité ; il est français surtout parce que son cœur a battu avec le cœur de la France, parce que son pinceau la consolait dans ses revers et l'exaltait dans ses jours de triomphe. C'est pourquoi sa gloire est entrelacée à notre propre gloire ; après avoir été, pendant sa vie, un peintre si populaire, il reste, après sa mort, notre peintre
national.
Source : Gallica

Portrait de Charles Ernest Beulé Charles Ernest Beulé Causeries sur l'art (1867)

Rome a grandi entre deux maîtresses, l'Etrurie, qui l'a initiée aux arts, et la Grèce, qui l'a éblouie par ses chefs-d'œuvre ; mais son génie personnel, persistant, assimilateur, a choisi les éléments qui convenaient a ses besoins. Tout a été refondu dans ce moule puissant d'où la grandeur romaine est sortie. L'art romain, précisément parce qu'il subordonne l'idéal à l'utile, le beau au grand, les jouissances à la politique, devient un type historique. S'il n'avait point été un type, il n'aurait pu s'imposer plus tard en souverain et couvrir de ses œuvres la surface du monde.
Source : Gallica

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