Résumé

Portrait de Louis Gillet Louis Gillet Revue des Deux Mondes

Et Philippe, à ce spectacle, se dit qu’il ne ressemble pas mal à ce misérable : sait-il ce qu’il est, ce qu’il veut ? A peine ce qu’il sent. Il ne sait plus s’il a une personnalité. Il est l’homme qui a perdu son moi. Et tout le roman n’est que l’histoire de l’intelligence excessive à la poursuite de la passion.
Et comme, selon les beaux vers de Kipling, « il y a au monde deux choses plus belles que les autres, — l’une est la guerre, l’autre est l’amour, » après l’expérience de la guerre, Philippe, guéri de sa blessure, fera celle de l’amour.
Source : Wikisource

Portrait de Louis Gillet Louis Gillet Revue des Deux Mondes

La ville entière défila devant sa dépouille charmante. Le Pape en prit ombrage et fit enlever le corps, qui fut enfoui, la nuit, dans une vigne du Pincio. Mais le virginal fantôme continua de flotter devant les yeux de Rome ; au dire des témoins, la morte passait en beauté les plus belles des vivantes ; elle était d’une grâce inconnue à nos jours, comme si la nature s’était lassée de produire de pareils chefs-d’œuvre.
Or, cette naïve idolâtrie, cette foi en la vertu supérieure de l’antique, n’arrêtent nullement le vandalisme. La Renaissance n’épargne pas plus l’antiquité que le moyen âge.
Source : Wikisource

Portrait de Louis Gillet Louis Gillet Revue des Deux Mondes

Voilà l’œuvre par excellence, la gloire du roi-soldat. Tandis qu’il parle et qu’on l’acclame, je ferme les yeux, je revois en esprit les images de cet autre temps, si proche et déjà si lointain, — une surtout, cette photographie qui le représente tête nue, en capote d’uniforme, assis, le casque à la main, las, boueux, au retour de quelque visite des tranchées. Il ne porte pas sur ce portrait le lorgnon qui voile ordinairement son regard et donne à son visage réfléchi un air d’étudiant. Les yeux pensifs interrogent avec une expression de fatigue infinie, les mains se posent sur les genoux.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature