Paul de Saint-Victor

Paul de Saint-Victor

Résumé

Portrait de Paul de Saint-Victor Paul de Saint-Victor Les dieux et les demi-dieux de la peinture (1864)

Au dix-septième siècle, deux peintres luttent ardemment pour arriver à la royauté de la peinture : l'un n'a que son talent, mais celui-ci est un esprit hardi, toujours sur la brèche, prêt à dominer, prêt à prendre la place de vive force : vous avez reconnu Lebrun. L'autre a son génie pour lutter, mais celui-là est un esprit timide et discret, recherchant avec amour la solitude qui inspire et le silence qui élève : c'est un homme simple et naïf, qui aime la peinture et non la gloire, qui demande à Dieu les joies cachées de l'artiste, et non les fanfares de la renommée.
Source : Gallica

Portrait de Paul de Saint-Victor Paul de Saint-Victor Les dieux et les demi-dieux de la peinture (1864)

Si cette tête qu'il vous montre est celle d'un roi quelconque, roi par l'héroïsme, le génie, la naissance, vous verrez peu à peu briller sur son front ou dans son regard l'auréole de cette royauté. L'âme de tout homme fort passe sans cesse sur sa figure; il a beau faire pour la masquer, elle se fait jour çà et là à son insu. Mais, pour saisir cette âme au passage, pour la fixer sur la toile par la magie de la couleur, il ne faut rien
moins qu'un maître souverain de premier ordre, Titien, Van Dyck, Velasquez, Rembrandt, Raphaël, qui ait le don de la création.
Source : Gallica

Portrait de Paul de Saint-Victor Paul de Saint-Victor Les dieux et les demi-dieux de la peinture (1864)

A force de travail, les peintres primitifs éteignaient dans leurs œuvres ce rayon du génie qui, chez les maîtres, donne aux figures peintes je ne sais quelle âme qui est déjà la vie.
L'œuvre de Bellini et de son école nous émerveille par la patience ; l'œuvre de Giorgione et de son école nous transporte par ses miracles. Là-bas, ce n'est qu'une œuvre d'art ; ici, c'est une œuvre de vie ; là-bas, nous nous étonnons devant le labeur de l'atelier ; ici, nous sommes surpris par ce don inouï de création : le labeur se cache sous des prodiges de puissance.
Source : Gallica

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